"Hautement technologique, hautement durable, connecté, agile et convivial." Voilà comment son CEO Max Jadot décrit le tout nouveau siège bruxellois de BNP Paribas Fortis désormais complètement opérationnel. Un énorme bâtiment aux allures futuristes érigé à l'endroit où se trouvaient les deux anciennes tours noires de l'ex-Générale de Banque (devenue BNP Paribas Fortis suite à la crise financière de 2008), Montagne du Parc, près de la place Royale, juste à côté de Bozar.
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"Hautement technologique, hautement durable, connecté, agile et convivial." Voilà comment son CEO Max Jadot décrit le tout nouveau siège bruxellois de BNP Paribas Fortis désormais complètement opérationnel. Un énorme bâtiment aux allures futuristes érigé à l'endroit où se trouvaient les deux anciennes tours noires de l'ex-Générale de Banque (devenue BNP Paribas Fortis suite à la crise financière de 2008), Montagne du Parc, près de la place Royale, juste à côté de Bozar. Force est de constater que l'immeuble ne passe pas inaperçu avec ses 300 colonnes biseautées de béton blanc dans lesquelles un granulat vert de Norvège a été incrusté pour rappeler la couleur de la banque. Doté d'une superficie de 100.000 m2 répartie sur 15 niveaux, il peut accueillir plus de 4.000 employés, ce qui libérera de l'espace dans d'autres immeubles occupés actuellement par la banque (le bâtiment rue du Marais, le building Boréal rue du Progrès, entre autres). Symbolisant l'ancrage de la filiale belge du groupe bancaire français dans l'économie du royaume, la réalisation constitue aussi le plus important investissement privé à Bruxelles "depuis très longtemps", selon Max Jadot, se contentant de préciser que le budget des travaux avait été respecté et qu'il se situait "totalement dans les standards de référence". Du point de vue architectural, on aime ou on n'aime pas. Chacun ses goûts. Imaginé par les bureaux autrichien Baumschlager Eberle Architekten, Styfhals & Partners et belge Jaspers-Eyers, l'édifice cherche néanmoins à s'intégrer dans son environnement. Sa hauteur, d'abord. Elle est alignée sur celle des bâtiments historiques qui l'entourent. Sa façade blanche, ensuite. Certes, "tout béton peut se dégrader avec le temps s'il n'est pas entretenu, mais la banque a tout prévu pour assurer le nettoyage", affirme Christophe Van Ophem, CEO d'Eiffage Benelux, qui a réalisé la construction. Ce n'est pas tout. Car ce nouveau siège de BNP Paribas Fortis, selon ses concepteurs, est censé flotter "comme un rideau" entre les immeubles avoisinants, histoire de faciliter la connexion entre le haut et le bas de la ville. Une connexion également matérialisée par l'intégration dans le bâtiment d'un ascenseur public qui permet de rejoindre aisément le parc Royal. Toujours dans cette logique, l'exosquelette formé par les 300 colonnes extérieures, qui entourent le bâtiment pour assurer sa stabilité, autorise en son coeur une esthétique tout en courbes et très lumineuse organisée autour d'une large cour intérieure, laquelle sera accessible au public pendant les heures de bureau. But? Promouvoir les valeurs d'ouverture et de transparence chères à la banque tout en dynamisant le quartier. La galerie couverte, qui se trouve le long de la rue Ravenstein, abrite à cet effet cinq espaces commerciaux, dont trois sont déjà loués: un premier à un service de conciergerie, un deuxième à un cabinet dentaire et un troisième à un magasin Foodmaker de la chaîne Delhaize. Par contre, aucune agence bancaire (Montagne du Parc), telle que celle dont Max Jadot a été directeur au début des années 1990, n'est prévue. Malgré l'ancienneté du projet, imaginé il y a maintenant 10 ans, le complexe s'inscrit dans les tendances actuelles en matière de développement durable: 460 panneaux photovoltaïques, un système de récupération d'eau de pluie et surtout un seasonal thermal energy storage, soit 14.000 m3 d'eau - l'équivalent de trois piscines olympiques - stockés dans quatre grands réservoirs en sous-sol, qui "fonctionnent sur le principe de la géothermie pour refroidir le bâtiment en été et le chauffer en hiver", explique Christophe Van Ophem, indiquant que l'ensemble est ainsi 14 fois plus efficient sur le plan énergétique que les anciens bureaux. Par ailleurs, au rayon économie circulaire, plus de 98% des matériaux et meubles issus des anciennes tours ont été recyclés ou réutilisés: 43 tonnes de plâtre, 125 tonnes de tapis, 1.200 meubles de bureaux. Côté mobilité douce, le bâtiment est bien évidemment situé à proximité de nombreux transports en commun (train, tram, bus). Il est par ailleurs équipé de 330 emplacements pour vélos et de nombreuses places de parking pour voitures sont dotées de bornes de recharge. Quant à l'emblématique salle des coffres conçue par le designer Jules Wabbes dans les années 1970, elle a été préservée mais servira à l'avenir à accueillir expositions et autres réceptions. Jouant la carte de l'efficacité alliée au bien-être, les neuf étages du bâtiment reflètent également l'évolution de la culture du travail, encore accentuée par la pandémie. Les notions de partage, de nomadisme et de télétravail ont été intégrées dans la réflexion architecturale, combinant espaces communs, salles de réunion et espaces plus individualisés. Ce qui n'empêche pas la direction de toujours avoir son propre étage (au 9e). Mais même le bureau du CEO est, paraît-il, partagé. "Dès que je ne suis pas là, il y a un Doodle qui permet de l'occuper pour des réunions physiques ou à distance", confie Max Jadot. Le complexe ne sera-t-il dès lors pas trop grand vu la possibilité pour les employés de travailler deux jours par semaine à la maison? "Non, assure le CEO, il correspond exactement à nos besoins post-covid", précisant que la maison de la rue Ducale ainsi que les bâtiments historiques de la Générale de Belgique situés à l'angle des rues Royale et Baron Horta, et où le patron avait jusqu'ici son bureau, seront transformés pour accueillir les clients fortunés de la banque.