La banque n'a pas encore fini sa transformation. Ce n'est pas moi qui le dit mais un consultant de Sirius Insight. Son calcul est simple : il est possible de réduire très sensiblement le nombre d'agences bancaires dans notre pays, tout en maintenant une bonne accessibilité pour les clients. A priori, n'importe qui penserait le contraire, mais les chiffres sont justement là pour démontrer sa théorie.

La démonstration est relativement simple à comprendre. Aujourd'hui, selon les calculs de ce consultant de Sirius Insight, il y a 5.274 agences, c'est 40% d'agences en moins qu'en 2010 mais c'est un nombre qui reste toujours astronomique. Il estime donc que la différence, entre un réseau bancaire qui a 400 ou 600 agences dans tout le pays, est minime. Cette différence est d'une minute de temps de trajet supplémentaire en voiture, autant dire que c'est marginal ! En conclusion pourquoi avoir 600 agences ou plus si 400 peuvent faire l'affaire ? Avec 400 agences, le temps de trajet est de 8 minutes en Belgique, et avec 600 agences, ce temps de trajet est de 7 minutes...

Bref, pourquoi s'encombrer de deux agences, avec tous les coûts qui vont avec, pour une minute de trajet en plus pour les clients ? D'autant que Jean-Laurent Bonnafé, le patron de BNP Paribas au niveau mondial, vient, lui aussi, de rappeler qu'il y a dix ans, un client venait en agence dix à douze fois par an en moyenne; aujourd'hui, chez BNP Paribas, il vient à peine une fois par an.

Selon le PDG de cette banque, les agences bancaires deviennent de plus en plus un lieu de recrutement de nouveaux clients et de prestations à valeur ajoutée. La faute à qui ? Mais au petit appareil qui se trouve dans nos poches ou nos mains chaque jour: le smartphone. C'est avec notre smartphone que nous gérons aujourd'hui nos comptes et paiements. C'est la raison pour laquelle, les banques misent un maximum sur les nouvelles technologies. Le patron de BNP Paribas a avoué, dans une interview au journal Les Echos, il y a quelques jours, que son budget informatique dépasse désormais les 6 milliards d'euros par an. C'est énorme ! Quant à la sécurité des clients, elle a aussi un coût faramineux. Le PDG de BNP Paribas a reconnu que sa banque consacrait 400 millions d'euros par an à la cyber-sécurité. Il y a dix ans, ce coût était marginal.

Oui, en résumé, le nombre d'agences va continuer à se réduire mais grâce à nos smartphones, l'impact sera négligeable pour ne pas dire nul. Le monde change, nos comportements aussi et les banques ne font que s'y adapter.