La crise sanitaire a fait exploser les transactions en ligne. Selon les derniers chiffres de BeCommerce, plus de 30 millions d'achats en ligne ont été effectués au cours du deuxième trimestre 2020, représentant près d'un cinquième de toutes les dépenses des Belges (18%). Il s'agit d'une hausse de 38% par rapport à la période d'avant- confinement.
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La crise sanitaire a fait exploser les transactions en ligne. Selon les derniers chiffres de BeCommerce, plus de 30 millions d'achats en ligne ont été effectués au cours du deuxième trimestre 2020, représentant près d'un cinquième de toutes les dépenses des Belges (18%). Il s'agit d'une hausse de 38% par rapport à la période d'avant- confinement.C'est particulièrement le cas en ce qui concerne l'achat de denrées alimentaires et de vêtements, avec une augmentation de respectivement 27% et 29 % depuis le début de la crise sanitaire, selon les données fournies par BeCommerce.Pendant la crise du Covid-19, les Belges privilégient les e-shops locaux et plus spécifiquement en ce qui concerne l'achat de denrées alimentaires, de jouets, de matériel de jardinage et de vêtements. Le second confinement imposé et les fêtes de fin d'années qui approchent devraient encore accentuer ce phénomène de consommation en ligne.Dans ce contexte inédit, les paiements électroniques ont logiquement augmenté significativement. 27% des consommateurs européens utilisent leur smartphone pour acheter en ligne, 71% leur ordinateur, déclare Sofie Geeroms, Managing Director chez BeCommerce. Toutefois, cette tendances se dessine plus lentement en Belgique que dans d'autres pays européens. Les outils de paiement en ligne sont donc amenés à évoluer aussi rapidement que les habitudes de consommation des Belges. "En 5 ans, nous allons vivre une plus grande évolution technologique qu'en 50 ans ", avance Henri Dewaerheijd, directeur de Mastercard Belgique-Luxembourg. Le challenge des transactions en ligne est de proposer une expérience d'achat à la fois sécurisée, rapide et facile. La fraude est l'un des plus grands dangers et l'une des plus grandes craintes lorsqu'un consommateur achète sur un e-shop. "C'est l'un des plus gros problèmes du paiement en ligne. 47% des achats on line sont réglés par cartes de crédit, 75% de toutes les tentatives de fraude en Europe concernent les achats où la carte n'est pas présente, preuve que l'environnement en ligne doit être sécurisé davantage", explique Henri Dewaerheijd. Le défi, à l'avenir, est de faire en sorte qu'une transaction en ligne réglée via une carte de crédit soit aussi sécurisée que dans un magasin physique. Mais aussi que l'acte de paiement à la fin de l'achat - le "check-out" dans le jargon - ne soit pas trop rebutant. 20 à 25% des achats sont en effet abandonnés quand l'utilisateur se rend compte qu'il n'a pas son lecteur de carte sur lui ou qu'il doit réintroduire pour une énième fois le numéro de sa carte, ou encore, qu'on lui demande un code pour finaliser la transaction. 70% des transactions sont abandonnées à cause d'un processus trop complexe. L'Union Européenne a ainsi mis au point une nouvelle directive (PSD2) qui impose l'authentification forte pour les achats en ligne dès janvier 2021, qui permettra de réduire drastiquement la fraude.Dans ce contexte, Mastercard travaille sur la facilité d'identification des utilisateurs afin de prévenir au maximum les fraudes en ligne. "Pour les paiements en ligne, l'acheteur veut trouver le juste équilibre entre la sécurité des données et la facilité d'utilisation", explique Henri Dewaerheijd. Dans le but d'éviter des processus de paiement longs et fastidieux, une technologie basée sur les données biométriques de l'utilisateur (déjà disponible sur le marché belge) sera une option pour tous les porteurs de cartes d'ici la fin de l'année 2021. Le lecteur de carte ne sera pas pour autant abandonné. L'achat en ligne pourra ainsi être sécurisé par une reconnaissance facile, via une empreinte digitale ou par la voix. Cette technologie engendre moins de fraude et offre une expérience plus fluide. "La reconnaissance vocale est le futur des transactions. Le paiement par commande vocale devrait se généraliser, avec une plus grande connectivité des objets. Il sera possible de commander le même pull que le présentateur du JT via sa TV, de demander au volant de sa voiture l'achat du livre de l'auteur qui est interviewé dans le podcast que l'on écoute ou encore de rembourser un ami directement via les réseaux sociaux, sans connaitre ses coordonnées bancaires", prédit le responsable de Mastercard.La sécurité liée à la sauvegarde de cartes de crédit sur plusieurs e-shops est aussi un point sensible pris en compte par Mastercard. "Une carte de crédit qui est sauvée sur de multiples e-shop, fait boule de neige pour les risques d'actes criminels", met en garde Henri Dewaerheijd. La solution proposée par la société de paiement américaine est le développement de "tokens", un procédé accessible dès 2022. Utilisés pour digitaliser les numéros de carte dans les montres ou les téléphones, ces tokens qui sont des alias digitaux cryptés du numéro de carte classique, permettent de faire des achats sans partager le numéro de carte réel avec le commerçant. "Les 16 numéros d'une carte de crédit sont remplacés par un "token" assigné automatiquement à chaque e-shop", explique-t-on chez Mastercard. Selon ses prévisions, cette nouvelle technologie devrait augmenter les ventes en ligne de 6%. Dès 2021, le géant de l'e-commerce Amazon lancera cette fonctionnalité dans les pays clés tels que la France ou l'Allemagne (sites dédiés pour les Belges).Autre évolution, à l'horizon 2022, le système "click to pay". Avec cette méthode, plus besoin de sauvegarder une carte de crédit en ligne, la transaction se fait via un portefeuille digital connecté à une application bancaire. Le paiement en tant que 'visiteur' sera toujours possible mais sécurisé.Un autre point abordé par Mastercard est la transparence qui n'est pas toujours de mise lors de transactions en ligne. Il arrive en effet qu'en vérifiant les paiements réalisés avec une carte de crédit, le consommateur n'identifie pas toujours bien le nom du commerçant, pensant, parfois à tort, à une fraude. La solution est de proposer une vue claire de la liste des e-shops, avec leur nom et/ou logo à côté des dépenses effectuées. "La transition digitale est pour nous la plus grande opportunité depuis l'introduction des cartes à puce dans les années 1990. Cependant, tout comme la 5G, il est difficile à l'heure actuelle de prédire les innovations qui découleront des cartes digitalisées comme token", conclut M. Dewaerheijd.