Les amateurs d'or se frottent les mains en ce moment : l'or a, en effet, dépassé le seuil des 1500 dollars l'once, ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps. Autant l'or a été moqué pendant de longues années par les banquiers, qui considéraient que le métal jaune n'était pas un placement alternatif de qualité, autant il est, aujourd'hui, quasi impossible de trouver un banquier qui ne préconise pas à ses clients d'avoir 5% d'or dans leur portefeuille.

Et c'est vrai que le métal jaune a repris des couleurs ces derniers mots. La question est "Grâce à qui ?" Essentiellement grâce à la nervosité des investisseurs ; une nervosité due à la guerre commerciale qui sévit entre la Chine et les États-Unis, mais aussi due à la chute des taux d'intérêt et à la nervosité des marchés actions.

Bref, face à un environnement économique perturbé, l'or a de nouveau tout pour plaire. Et depuis ces derniers mois, voire ces dernières semaines, son cours s'est envolé tant en dollars qu'en euros. En réalité, tous ces nouveaux investisseurs en or considèrent que leur épargne est plus en sécurité avec de l'or, qu'à la banque ou avec des actions ou des obligations. Prenons les actions : elles jouent au yo-yo en ce moment en raison de la peur des investisseurs de voir la situation économique mondiale se dégrader. Cette peur provient du fait qu'ils ne voient pas de solution à la guerre commerciale qui sévit entre la Chine et les Etats-Unis, chacun accusant l'autre de saboter les négociations, et donc, ces dernières sont toujours au point mort depuis deux ans maintenant... Les obligations ? N'en parlons pas, les meilleures, les plus sûres, celles de pays solides comme l'Allemagne par exemple, offrent des rendements négatifs à 10 ans et même à 30 ans. Autrement dit, se réfugier dans des obligations d'Etat revient à échanger de la sécurité contre une perte de rendement, à cause de ces fameux taux d'intérêt négatif.

C'est en partie cela qui explique le succès de l'or. L'or par définition ne rapporte pas d'intérêt, c'est son grand défaut, mais quand les placements alternatifs comme les obligations offrent un taux négatif, cet argument anti-or ne tient plus. Etant donné que ce frein a sauté, les investisseurs se ruent sur l'or sans complexe. Par ailleurs, le cours de l'or est aussi soutenu par les banques centrales de certains grands pays émergents ; ces banques centrales se méfient de la politique de Donald Trump et donc elles achètent de l'or pour diversifier leurs réserves de change. Le résultat de tout ce cocktail, c'est que l'or est aujourd'hui en pleine forme et que tout le monde en parle, ou presque.