Rembourser ses amis en envoyant de l'argent directement à partir de l'application sans en sortir et sans avoir besoin de partager son numéro de compte, c'est désormais possible via Tricount! La célèbre appli belge qui permet de répartir des dépenses s'est dotée d'un outil de paiement intégré pour équilibrer les soldes. Ses utilisateurs peuvent désormais effectuer des virements bancaires pour payer leurs dettes sans devoir quitter son environnement. "Une fonctionnalité qui était attendue depuis longtemps par nos utilisateurs belges", avance Guillebert de Dorlodot, cofondateur de Tricount, se félicitant de voir ainsi supprimée la dernière couche de friction dans la solution digitale de partage des frais développée par la start-up belge depuis 10 ans.
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Rembourser ses amis en envoyant de l'argent directement à partir de l'application sans en sortir et sans avoir besoin de partager son numéro de compte, c'est désormais possible via Tricount! La célèbre appli belge qui permet de répartir des dépenses s'est dotée d'un outil de paiement intégré pour équilibrer les soldes. Ses utilisateurs peuvent désormais effectuer des virements bancaires pour payer leurs dettes sans devoir quitter son environnement. "Une fonctionnalité qui était attendue depuis longtemps par nos utilisateurs belges", avance Guillebert de Dorlodot, cofondateur de Tricount, se félicitant de voir ainsi supprimée la dernière couche de friction dans la solution digitale de partage des frais développée par la start-up belge depuis 10 ans. Mais si le cofondateur de Tricount peut se réjouir de voir son bébé enrichi d'une facilité attendue depuis longtemps par ses 5 millions d'utilisateurs, c'est d'abord grâce à Aion Bank, l'ancienne filiale belge de la banque italienne Monte Paschi reprise par le fonds d'investissement américain Warburg Pincus. A côté de ses services conventionnels à destination des particuliers, la banque digitale belge a récemment développé, en partenariat avec le fournisseur de services cloud Vodeno, une offre de banque en marque blanche. Du Banking-as-a-Service (BaaS) comme disent les spécialistes, c'est-à-dire des solutions qui permettent à des acteurs non bancaires de proposer directement à leurs clients des services financiers. "Tricount est un bon exemple de notre capacité à offrir des paiements en tant que service et à innover dans ce domaine, explique Kim Van Esbroeck, country head d'Aion Bank et ancienne CEO de Bancontact. Grâce à notre licence bancaire européenne, nous donnons accès à une gamme complète de produits bancaires à la carte et clé en main. Pour faire simple, nous couvrons tous les domaines de l'écosystème bancaire, des services de base tels que les comptes et les paiements jusqu'aux solutions d'épargne et de prêt. Il s'agit de l'ensemble des services que propose une banque classique mais fournis en white label." Comme en témoigne la collaboration entre Tricount et Aion, les solutions BaaS, que l'on appelle aussi finance embarquée ( Embedded Finance) , connaissent aujourd'hui un essor considérable. Selon une étude menée par le spécialiste des solutions de banque en marque blanche OpenPayd, la seule technologie des paiements embarqués devrait permettre de générer pas moins de 277 milliards d'euros de revenus d'ici 2026... rien que sur le Vieux Continent. "L'Europe est fortement en retard par rapport aux Etats-Unis où la finance embarquée est plus répandue. Certains parlent d'un véritable game changer pour l'industrie des services financiers dans les années à venir. Une tendance à laquelle la Belgique n'échappe pas. Nous travaillons sur plusieurs projets sur le marché belge et dans d'autres pays européens", ajoute Kim Van Esbroeck qui pointe plusieurs écosystèmes numériques et secteurs économiques à qui Aion Bank entend fournir ses solutions de finance embarquée. A savoir les néo-banques et les acteurs de l'e-commerce, à qui il manque soit la licence bancaire, soit le know-how technologique, pour prendre rapidement pied sur d'autres marchés. Mais aussi les acteurs issus de secteurs plus traditionnels tels le retail ou les voyages. Au-delà des fintechs telles que Tricount, de plus en plus de marques prennent en effet conscience de la valeur que peuvent avoir le fait de proposer des services bancaires en plus de leurs produits, souligne Kim Van Esbroeck: "En permettant de conclure leurs transactions facilement et d'accéder à des services financiers sans devoir quitter leur environnement, elles offrent à leurs clients une meilleure expérience, avec encore moins de frictions dans le parcours client, avec de nouvelles opportunités commerciales à la clé". Des opportunités commerciales pour lesquelles les exemples ne manquent pas. Y compris à l'avantage des magasins physiques. Tout est en effet possible, selon Kim Van Esbroeck. "Imaginez l'achat d'un vélo électrique, qui peut facilement coûter 3.000, voire 5.000 euros, et pour lequel un crédit à la consommation peut être nécessaire. Avant, le client devait contacter sa banque, puis se rendre dans un magasin et enfin, acheter son vélo. Grâce à l' embedded banking, tout peut désormais se faire directement dans le magasin en temps réel. Le commerçant peut accéder aux données financières du client auprès de sa banque, obtenir l'historique de ses capacités de remboursement et lui proposer différentes solutions de crédit. C'est ce qui s'appelle du Lending-as-a-Service, une solution de prêt totalement intégrée dans le processus de vente, qui fait gagner du temps au client et de l'argent au commerçant." Le Lending-as-a-Service, c'est précisément le nouveau créneau sur lequel a choisi de se développer Mozzeno. Créée en 2017, la start-up est devenue en cinq ans "la" référence en matière de prêt digitalisé permettant à des particuliers de financer indirectement les projets d'autres particuliers ou d'autres professionnels. Un créneau sur lequel elle intervient sous sa marque propre en direct auprès des particuliers. Avec un succès appréciable puisque, depuis son lancement, la plateforme a déjà octroyé 6.500 prêts collaboratifs pour plus de 60 millions d'euros. Mais alors que Mozzeno opérait jusqu'à présent principalement sur une approche directe, elle a également compris l'intérêt de passer par des distributeurs tiers pour atteindre d'autres types de clients, et se doter ainsi d'un "canal d'acquisition complémentaire", indique Xavier Laoureux, cofondateur de Mozzeno. A côté de ses services de plateforme de financement collaboratif, ses solutions de crédit (personnels et professionnels) sont désormais aussi vendus par d'autres. La fintech s'est associée avec plusieurs partenaires: le courtier Wilink, le secrétariat social Partena Professional, la fintech Accountable et l' invest du Brabant wallon Invest.BW. "Pour le client du partenaire, explique Xavier Laoureux, l'intérêt est de bénéficier d'une offre de service complémentaire, disponible au sein d'un environnement qu'il connaît et utilise. C'est Mozzeno qui se charge de tous les aspects réglementaires et opérationnels ainsi que de la relation crédit avec le client. La solution est extrêmement facile à intégrer puisqu'un simple lien peut déjà suffire. Pour le partenaire, c'est l'opportunité d'augmenter la valeur ajoutée apportée à ses clients, de les fidéliser et d'augmenter ses revenus. Et pour Mozzeno, c'est un moyen d'avoir accès à leur clientèle sans devoir faire de la publicité", complète Xavier Laoureux. Dans un registre un peu différent, le groupe de banque et d'assurance KBC a quant à lui décidé de vendre à d'autres les solutions d'intelligence artificielle développées en interne par ses équipes. Comme nous l'expliquait dernièrement dans ce magazine son CEO Johan Thijs, KBC a "acquis ces dernières années une expertise importante dans le domaine de l'intelligence artificielle qui peut générer une nouvelle source de revenus stable". Le bancassureur a créé à cet effet une filiale distincte baptisée Discai (pour Discover AI, "découvrir l'intelligence artificielle"). Le marché visé est celui des institutions financières, en ce compris les banques belges, mais un potentiel existe dans d'autres secteurs (assureurs, fintechs, PME). La première application disponible est un outil anti-blanchiment visant à détecter les transactions suspectes. D'autres le seront prochainement dans des domaines tels que la gestion d'actifs, la déclaration de sinistre en assurance, la gestion de bases de données, l'automatisation des processus administratifs et les assistants virtuels. Via son app KBC Mobile, le groupe élargit aussi régulièrement le champ de son offre de services extra-bancaires fournis par des prestataires extérieurs visant à faciliter la vie des clients dans différents domaines (mobilité, loisirs). Une stratégie qui voit KBC offrir, par exemple, sur son appli la possibilité d'acheter un ticket de train, de payer sa place de parking ou encore d'obtenir des ristournes dans les commerces. Des services annexes que KBC accepte d'offrir à des non-clients, agissant ainsi comme fournisseurs de solutions de paiement pour ces prestataires extérieurs, et diversifiant ainsi aussi ses revenus. On le voit, grâce à la finance intégrée tout devient possible... ou presque. La banque se met à la disposition de tous et vient facilement s'insérer dans les offres des nouveaux acteurs financiers et autres commerçants en ligne avec un objectif de fluidité à la Netflix ou Amazon. Une évolution rendue possible par la combinaison de plusieurs éléments, note Kim Van Esbroeck: "D'abord, la technologie, qui est le moteur de ce changement. Elle permet des connexions plus faciles aux systèmes des banques. Ensuite, la réglementation s'est aussi ouverte à l' open banking. La directive européenne sur les paiements (PSD2) permet d'avoir accès aux données financières des clients des banques et d'initier des paiements quand ceux-ci donnent leur autorisation pour le faire. Et puis, les comportements des consommateurs ont également évolué. Ils sont aujourd'hui plus enclins à partager leurs données en échange d'une expérience utilisateur optimale." Bref, à l'heure où tout se consomme plus ou moins à la demande, de votre repas à la série que vous regardez le soir, la banque devient de plus en plus une commodité et de moins en moins un but en soi. C'est d'ailleurs un certain Bill Gates qui l'a dit un jour: " Banking is necessary, banks are not".