La Wallonie imite la région bruxelloise et investira jusqu'à un million d'euros dans le projet de coopérative bancaire NewB. Le gouvernement wallon s'est réuni ce mercredi matin et a décidé d'injecter directement 400.000 euros dans la banque. Il pourrait y ajouter 600.000 euros pour aider à atteindre l'objectif de 30 millions d'euros fixé pour lancer NewB.

L'analyse de ce dossier par la Wallonie illustre plutôt bien les différents regards posés sur ce projet bancaire. Initialement, il a été proposé à la SRIW, le holding financier de la Wallonie. "Elle n'a pas répondu favorablement en raison des faiblesses économiques et financières du projet", a expliqué le ministre de l'Economie Willy Borsus (MR), ce mardi au Parlement wallon. D'un point de vue strictement financier, cet investissement semble en effet peu rentable, à l'heure où les revenus du secteur bancaire sont déjà sous pression. Il n'y a pas de nécessité stratégique à utiliser des moyens publics pour tenter de développer ce secteur à l'image de ce qui se fait, avec succès, dans les biotechnologies ou l'économie numérique.

Le regard économique est donc a priori négatif. Mais il y a aussi un regard politique. Et celui-ci est nettement plus positif. NewB s'inscrit en effet dans l'optique d'une économie sociale et participative, prônée par le gouvernement wallon. Elle assure que ses investissements seront ciblés sur les solutions au défi climatique et que sa politique de rémunération sera sobre et égalitaire (écart salarial maximal de 5). De telles options politiques peuvent justifier un investissement public, même s'il ne génère pas une forte rentabilité financière directe. Le gouvernement wallon prend bien soin de préciser que son investissement "n'implique pas pour autant de validation du business model" mais il insiste sur son souhait de soutenir "la dynamique citoyenne qui s'inscrit pleinement dans l'objectif de transition sociale, économique et environnementale".

C'est ainsi que le dossier de NewB se retrouve pas à la SRIW, mais à sa filiale Sowecsom, dédiée à l'économie sociale et coopérative. Elle finance des entreprises qui "ne considèrent pas la maximisation du profit comme leur principal objectif, mais comme un moyen permettant de développer l'activité dans le respect de ses finalités" et qui adoptent "des règles de gouvernance démocratiques".Cela semble a priori correspondre aux priorités de New B. Prudente, la Sowecsom a toutefois rejoint l'analyse technique de sa maison-mère. Mais elle précise que NewB pourrait s'inscrire dans le cadre des missions déléguées de l'organisme. Une mission déléguée, cela signifie que la Sowecsom (ou la SRIW) ne décide pas seule -on reste manifestement très prudent dans ce dossier- mais qu'elle agit sur ordre du gouvernement wallon. C'est cette formule qui a été retenue.