Dans un propos liminaire devant le Congrès, Jerome Powell a également confirmé que la Banque centrale allait faire une pause dans ses interventions sur les taux d'intérêts "tant que les informations sur l'économie restent en ligne avec notre prévision d'une croissance économique modérée, d'un marché de l'emploi fort et d'une inflation proche de notre objectif de 2%".

M. Powell s'est en revanche inquiété de la dette fédérale qui "est à un haut niveau et continue de croître", ce qui pourrait "à long terme" peser sur l'appétit d'investissement privé et in fine sur la croissance.

"Mettre le budget fédéral sur une voie tenable aiderait à la vigueur à long terme de l'économie américaine et aiderait à s'assurer que les responsables politiques disposeront de la marge de manoeuvre nécessaire pour se servir de la politique budgétaire pour aider à stabiliser l'économie si elle devait ralentir", a souligné M. Powell.

Pour l'heure, l'administration Trump n'en prend pas le chemin et les déficits budgétaires et la dette continuent de s'accumuler.

Le déficit fédéral était à peine inférieur à 1.000 milliards de dollars lors de l'année fiscale qui vient de s'achever fin septembre.

Une théorie économique classique voudrait que les Etats profitent de la croissance pour remplir leurs coffres afin de disposer de munitions en cas de ralentissement.

Mais une école économique, qui récuse les risques liés aux déficits, gagne une audience de plus en plus large notamment dans le contexte de l'élection présidentielle de 2020. Un contexte qui n'est jamais propice aux mesures d'économies budgétaires.

- Pause confirmée -

La Banque centrale avait annoncé le 30 octobre la troisième baisse de taux en autant de mois en guise d'assurance contre les risques qui pèsent sur la première économie du monde.

Un niveau jugé encore insuffisant par Donald Trump qui n'a de cesse de critiquer M. Powell et la Fed en termes peu amènes.

Le président estime que des taux d'intérêt relativement élevés par rapport aux principaux partenaires commerciaux pénalisent les Etats-Unis, notamment par le biais d'un billet vert fort, qui rend les produits américains moins compétitifs à l'export.

Fin octobre, M. Powell avait clairement signalé que son institution allait faire une pause tant que rien de fondamental ne changerait dans ses prévisions.

Il a d'ailleurs repris quasiment mot pour mot devant le Congrès les termes utilisés lors de sa conférence de presse d'octobre pour justifier la baisse.

Les taux d'intérêt au jour le jour sont désormais dans la fourchette de 1,50% à 1,75%.

De fait, la croissance américaine fait des envieux parmi les pays industrialisés. Au troisième trimestre elle avait légèrement marqué le pas mais s'est établie néanmoins à 1,9% en rythme annualisé après 2% au deuxième trimestre.

Dans son discours, M. Powell note que le ralentissement constaté à l'automne est en partie dû à une grève historique des employés de General Motors, qui a duré 40 jours, mais aussi à une baisse de l'investissement liée aux incertitudes créées par la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump.

Le différend avec la Chine n'est toujours pas résolu, malgré l'annonce par le président Trump d'un accord commercial partiel le mois dernier et il pèse sur l'ensemble de l'économie mondiale et les marchés.

Mardi, dans un discours sur l'économie aux accents triomphateurs, Donald Trump est resté vague sur la résolution de ce conflit.

"Un accord pourrait intervenir bientôt mais nous n'accepterons un accord que s'il est bon pour les Américains", avait lancé M. Trump.

Avant de menacer: "Si nous n'avons pas d'accord, nous augmenterons significativement les droits de douane".

Son conseiller économique Larry Kudlow a fait, lui, état de progrès dans les discussions avec Pékin sans s'avancer sur une date ou même la concrétisation d'un accord.

D'ailleurs, la Bourse de New York reculait à l'ouverture mercredi, marquant une pause dans sa course aux records face aux interrogations sur les négociations commerciales et la politique monétaire américaine.