Pas simple d'être une petite banque par les temps qui courent. Un an après son arrivée à la tête du groupe, Thomas Buberl, le grand patron d'Axa, aurait laissé sous-entendre la semaine dernière lors d'une réunion pour investisseurs qu'il se séparerait bien des activités bancaires de sa filiale belge. Le grand groupe français souhaite en effet se recentrer sur l'assurance dans les 16 pays qui représentent près de 90 % de ses résultats, avec en fer de lance ses marchés les plus importants comme la France, les Etats-Unis, l'Allemagne, la Belgique et l'Espagne. Exit, do...

Pas simple d'être une petite banque par les temps qui courent. Un an après son arrivée à la tête du groupe, Thomas Buberl, le grand patron d'Axa, aurait laissé sous-entendre la semaine dernière lors d'une réunion pour investisseurs qu'il se séparerait bien des activités bancaires de sa filiale belge. Le grand groupe français souhaite en effet se recentrer sur l'assurance dans les 16 pays qui représentent près de 90 % de ses résultats, avec en fer de lance ses marchés les plus importants comme la France, les Etats-Unis, l'Allemagne, la Belgique et l'Espagne. Exit, donc, Axa Banque en Belgique (la sixième banque du pays), malgré les récents démentis du groupe. Alors, info ou intox ? Ce qui est sûr en tout cas, c'est que ce n'est pas la première fois qu'Axa Banque fait l'objet de rumeurs à propos d'une éventuelle revente. Cela fait maintenant plusieurs années que l'enseigne est à la peine sur le marché belge. C'est d'ailleurs le signe que les acteurs bancaires de plus petite taille souffrent nettement dans un environnement où les revenus stagnent à cause de la faiblesse des taux d'intérêt, où le poids de la réglementation ne cesse d'augmenter et où la digitalisation s'accélère. " Chaque cas est isolé mais l'arrière-plan est commun, indique Bruno Colmant, responsable de la recherche économique chez Degroof Petercam et fin connaisseur du monde de la banque en Belgique. Le poids de la réglementation s'est considérablement accru et les investissements informatiques croissent de manière exponentielle. Cela devient quasiment injouable pour les petits acteurs qui ont des coûts de structures importants. " La taille critique pour pouvoir absorber ces coûts fixes augmente en effet constamment. Les investissements en matière de services digitaux se superposent à ceux liés aux réseaux de distribution classiques (agences, guichets automatiques, etc.). Quant aux frais de plus en plus liés à la réglementation, ils ne génèrent pas de rentrées. Dans ce contexte, Axa Banque n'est pas la seule à faire l'objet de spéculations : Puilaetco Dewaay, filiale belge du groupe de banque privée KBL basé à Luxembourg, pourrait selon certains être ainsi mise à l'étal. Il faut dire que même ING a décidé d'absorber sa filiale Record Bank dans le cadre de sa restructuration. Faut-il dès lors voir dans ces divers dossiers les prémices d'une nouvelle vague de consolidation ? Bruno Colmant ne le pense pas : " On assiste plutôt à une érosion naturelle du paysage bancaire belge avec des petites banques universelles qui cherchent à s'adosser à des entités plus grandes et plus fortes. Mais il ne s'agit pas d'une nouvelle vague de consolidation. Le secteur bancaire est déjà fortement concentré en Belgique et les quatre principales banques de la place - Belfius, BNP Paribas Fortis, ING et KBC - se portent bien ", conclut l'économiste de Degroof Petercam.