La guerre en Ukraine pousse aussi les investisseurs à délaisser les actifs européens, et l'euro perd 7% depuis le début de l'année, au plus bas depuis cinq ans et approchant la parité avec le dollar.

La livre a chuté de 8% pour retomber à son niveau du plus fort de la pandémie, et le franc suisse de 7,5%. Cette dégringolade va-t-elle se poursuivre, et avec quelles conséquences ?

Pourquoi les devises européennes dévissent

L'invasion russe de l'Ukraine a provoqué un choc sur les marchés en février.

Le dollar a profité de son statut de valeur refuge, recherché des investisseurs en période d'instabilité économique, tandis que les devises européennes ont souffert de leur proximité avec le conflit.

Plusieurs pays de la zone euro sont dépendants des importations d'énergie russe, et leurs économies seraient affectées par un embargo sur le pétrole de Moscou, que l'UE envisage.

Mais la remontée du Covid-19 en Chine et les confinements qui en ont découlé pèsent aussi sur les devises européennes.

"L'activité économique semble ralentir dans toutes les grandes économies, comme les échanges commerciaux", souligne Jonas Goltermann, économiste chez Capital Economics dans une note.

Il rappelle que l'euro est dépendant de "la croissance mondiale et de conditions financières souples".

Or, comme l'économie américaine est moins affectée par les chocs économiques de la guerre en Ukraine et du Covid en Chine, la Fed peut se permettre de resserrer plus vite sa politique monétaire pour contrer l'inflation.

Cela rend le dollar plus attractif, alors que la Banque centrale européenne (BCE) est divisée sur un relèvement de ses taux.

Quelles conséquences pour l'économie ?

Résultat, Capital Economics n'exclut pas que l'euro arrive à la parité avec le dollar.

Une mauvaise nouvelle alors que l'inflation est déjà bien installée, puisqu'une baisse de la monnaie rend automatiquement plus coûteuses les importations venues de pays utilisant d'autres devises.

La vigueur du billet vert n'affecte pas uniquement les échanges avec les États-Unis : de nombreux contrats commerciaux internationaux se basent sur des prix fixés en monnaie américaine, notamment pour l'approvisionnement en énergie déjà si coûteux.

Cet effet inflationniste est cependant "secondaire", nuance Gaétan Péroux, économiste chez UBS.

Les principales causes de l'inflation restent un manque de matières premières, notamment le pétrole et le gaz russe dont l'Europe tente de se sevrer, et les perturbations de la chaîne d'approvisionnement et pénuries de travailleurs depuis la reprise post-covid.

M. Péroux souligne par ailleurs un "effet positif sur l'activité économique : tout ce qui est produit en zone euro est moins cher sur le marché mondial, ce qui soutient donc la croissance dans la zone euro, à un moment où l'activité est impactée par les sanctions contre la Russie", explique-t-il.

"Il est probable que la BCE tolèrera un euro un peu plus faible qu'avant la guerre en Ukraine pour amortir le choc de l'effondrement des échanges avec la Russie pour les exportateurs", estime Capital Economics.

Comment arrêter la chute des devises ?

Officiellement, les banques centrales ne visent pas de niveau précis pour leurs devises.

Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau a cependant reconnu vendredi qu'"un euro trop faible irait à l'encontre de notre objectif de stabilité des prix", arguant pour une remontée des taux.

Cependant, un resserrement de politique monétaire n'est pas une panacée : la Banque d'Angleterre a remonté les siens pour la quatrième fois consécutive jeudi, et la livre est pourtant en difficulté.

La Banque a en effet annoncé à la même occasion qu'elle tablait sur une année 2023 de contraction de l'économie, alors même que l'inflation restera élevée : c'est la stagflation redoutée par les économistes.

Pour que l'euro évite la parité avec le dollar, il faut que "l'Allemagne trouve des sources d'énergie, qu'on évite une récession et que le marché continue de croire que la BCE va durcir sa politique cette année", conclut Jane Foley, analyste chez Rabobank.

La guerre en Ukraine pousse aussi les investisseurs à délaisser les actifs européens, et l'euro perd 7% depuis le début de l'année, au plus bas depuis cinq ans et approchant la parité avec le dollar.La livre a chuté de 8% pour retomber à son niveau du plus fort de la pandémie, et le franc suisse de 7,5%. Cette dégringolade va-t-elle se poursuivre, et avec quelles conséquences ?L'invasion russe de l'Ukraine a provoqué un choc sur les marchés en février.Le dollar a profité de son statut de valeur refuge, recherché des investisseurs en période d'instabilité économique, tandis que les devises européennes ont souffert de leur proximité avec le conflit.Plusieurs pays de la zone euro sont dépendants des importations d'énergie russe, et leurs économies seraient affectées par un embargo sur le pétrole de Moscou, que l'UE envisage.Mais la remontée du Covid-19 en Chine et les confinements qui en ont découlé pèsent aussi sur les devises européennes."L'activité économique semble ralentir dans toutes les grandes économies, comme les échanges commerciaux", souligne Jonas Goltermann, économiste chez Capital Economics dans une note.Il rappelle que l'euro est dépendant de "la croissance mondiale et de conditions financières souples".Or, comme l'économie américaine est moins affectée par les chocs économiques de la guerre en Ukraine et du Covid en Chine, la Fed peut se permettre de resserrer plus vite sa politique monétaire pour contrer l'inflation.Cela rend le dollar plus attractif, alors que la Banque centrale européenne (BCE) est divisée sur un relèvement de ses taux.Résultat, Capital Economics n'exclut pas que l'euro arrive à la parité avec le dollar.Une mauvaise nouvelle alors que l'inflation est déjà bien installée, puisqu'une baisse de la monnaie rend automatiquement plus coûteuses les importations venues de pays utilisant d'autres devises.La vigueur du billet vert n'affecte pas uniquement les échanges avec les États-Unis : de nombreux contrats commerciaux internationaux se basent sur des prix fixés en monnaie américaine, notamment pour l'approvisionnement en énergie déjà si coûteux.Cet effet inflationniste est cependant "secondaire", nuance Gaétan Péroux, économiste chez UBS.Les principales causes de l'inflation restent un manque de matières premières, notamment le pétrole et le gaz russe dont l'Europe tente de se sevrer, et les perturbations de la chaîne d'approvisionnement et pénuries de travailleurs depuis la reprise post-covid.M. Péroux souligne par ailleurs un "effet positif sur l'activité économique : tout ce qui est produit en zone euro est moins cher sur le marché mondial, ce qui soutient donc la croissance dans la zone euro, à un moment où l'activité est impactée par les sanctions contre la Russie", explique-t-il."Il est probable que la BCE tolèrera un euro un peu plus faible qu'avant la guerre en Ukraine pour amortir le choc de l'effondrement des échanges avec la Russie pour les exportateurs", estime Capital Economics.Officiellement, les banques centrales ne visent pas de niveau précis pour leurs devises.Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau a cependant reconnu vendredi qu'"un euro trop faible irait à l'encontre de notre objectif de stabilité des prix", arguant pour une remontée des taux.Cependant, un resserrement de politique monétaire n'est pas une panacée : la Banque d'Angleterre a remonté les siens pour la quatrième fois consécutive jeudi, et la livre est pourtant en difficulté.La Banque a en effet annoncé à la même occasion qu'elle tablait sur une année 2023 de contraction de l'économie, alors même que l'inflation restera élevée : c'est la stagflation redoutée par les économistes.Pour que l'euro évite la parité avec le dollar, il faut que "l'Allemagne trouve des sources d'énergie, qu'on évite une récession et que le marché continue de croire que la BCE va durcir sa politique cette année", conclut Jane Foley, analyste chez Rabobank.