J'étais hier assez longuement au téléphone avec le responsable d'une petite banque. Ce qui me frappait, c'est qu'il avait le même discours que les patrons des 4 plus grandes banques. A savoir, que ces banquiers ne voient pas encore la crise dans leurs comptes. Je dis "pas encore", car je dois être prudent. Les choses pourraient changer. Mais c'est vrai, que si vous regardez les chiffres, nos banques ont toutes affichés des résultats records pour ce premier semestre de l'année. Aucune, pour le moment, ne se plaint d'un taux de défaut plus élevé des crédits ni d'une vague de non-remboursements des prêts hypothécaires ou des crédits personnels.

C'est étonnant par rapport à ce qu'on peut lire ici ou là. D'ailleurs, je sais que notre Premier ministre est en contact permanent avec ces banquiers auxquels il pose la même question que moi, et je sais aussi qu'il obtient la même réponse que votre serviteur. Est-ce d'ailleurs pour cette raison que les décisions d'aides aux ménages et aux entreprises ont tardé? Je n'en sais rien, mais c'est perturbant comme coïncidence. L'une des explications pour justifier ce divorce avec la vie réelle de nos concitoyens et avec ce que nous disent les médias, c'est que les banquiers regardent en réalité les chiffres du passé. Autrement dit, nos banquiers seraient victimes d'en effet rétroviseur.

Oui, les choses vont encore bien maintenant, mais quid demain ou après-demain ? Il est vrai que pas mal d'entreprises ont pu répercuter la hausse des prix auprès de leurs clients. Mais cette répercussion de l'inflation ne pourra pas se faire systématiquement sauf à perdre ces clients. Et puis la vraie question, c'est que va-t-il arriver après janvier 2023, lorsque l'indexation des salaires sera de 10%. Là, ça risque d'être assez rock and roll. En fait, pour les entreprises, l'année de tous les dangers, ce n'est pas 2022, mais 2023.

Quant aux ménages, nous savons que certaines franges de la population souffrent déjà le martyre en raison de la hausse de leur facture énergétique. Mais là encore, sauf à penser que ces personnes ne sont pas bancarisées, ce qui serait étonnant, les banques n'affichent aucun retard de paiement, que ce soit pour les crédits hypothécaires ou prêts personnels. Comment expliquer cela ? Pour les personnes les plus démunies, l'une des explications qui me sont donnée, c'est que ces familles précarisées vont tout faire pour payer ces mensualités afin de garder un toit. Du coup, les économies se font sur d'autres postes. Le désarroi de ces familles est réel même si les banques ne le voient pas dans leurs comptes. Ce qui est d'ailleurs fâcheux en Belgique, c'est que notre gouvernement et nos Régions ne sont pas outillés statistiquement pour pouvoir cibler les personnes qui ont vraiment besoin d'aide. Le résultat, c'est quand une aide est enfin débloquée, elle arrose tous les ménages, même ceux qui n'en ont pas besoin. Et forcément, cette aide est riquiqui, car au lieu de cibler les personnes en détresse, elle doit être divisée par le plus grand nombre. Quant aux autres ménages, ceux de la classe moyenne, ils arrivent à faire encore le gros dos, grâce au COVID et à l'épargne forcée que ce virus a imposée. Mais là encore, on voit bien que les ménages commencent à piocher dans cette épargne forcée pour passer le cap de l'hiver.

En réalité, tout va se jouer en 2023, l'inflation devrait arrêter de grimper et pourrait être divisée par deux ou par trois normalement. Et si le conflit devait s'arrêter, ce que tout le monde espère, on pourrait même assister à un rebond de l'économie comparable à ce qu'on a vu à la sortie du COVID. Mais pour l'heure, ce n'est pas le scénario choisi par les institutions économiques ni par les médias. Les politiques, quant à eux, ont choisi le discours des larmes et du sang, le discours de l'hiver très rude. Normal, s'ils ont raison, ils pourront dire qu'ils nous avaient prévenus, et s'ils ont tort, ils diront qu'ils ont bien géré la crise. Le Covid est passé par là, et nos politiques ont retenu quelques leçons médiatiques - pour le reste, il nous reste à nous rassurer en nous disant comme Coluche : "vivement demain que tout soit comme hier" .

J'étais hier assez longuement au téléphone avec le responsable d'une petite banque. Ce qui me frappait, c'est qu'il avait le même discours que les patrons des 4 plus grandes banques. A savoir, que ces banquiers ne voient pas encore la crise dans leurs comptes. Je dis "pas encore", car je dois être prudent. Les choses pourraient changer. Mais c'est vrai, que si vous regardez les chiffres, nos banques ont toutes affichés des résultats records pour ce premier semestre de l'année. Aucune, pour le moment, ne se plaint d'un taux de défaut plus élevé des crédits ni d'une vague de non-remboursements des prêts hypothécaires ou des crédits personnels.C'est étonnant par rapport à ce qu'on peut lire ici ou là. D'ailleurs, je sais que notre Premier ministre est en contact permanent avec ces banquiers auxquels il pose la même question que moi, et je sais aussi qu'il obtient la même réponse que votre serviteur. Est-ce d'ailleurs pour cette raison que les décisions d'aides aux ménages et aux entreprises ont tardé? Je n'en sais rien, mais c'est perturbant comme coïncidence. L'une des explications pour justifier ce divorce avec la vie réelle de nos concitoyens et avec ce que nous disent les médias, c'est que les banquiers regardent en réalité les chiffres du passé. Autrement dit, nos banquiers seraient victimes d'en effet rétroviseur. Oui, les choses vont encore bien maintenant, mais quid demain ou après-demain ? Il est vrai que pas mal d'entreprises ont pu répercuter la hausse des prix auprès de leurs clients. Mais cette répercussion de l'inflation ne pourra pas se faire systématiquement sauf à perdre ces clients. Et puis la vraie question, c'est que va-t-il arriver après janvier 2023, lorsque l'indexation des salaires sera de 10%. Là, ça risque d'être assez rock and roll. En fait, pour les entreprises, l'année de tous les dangers, ce n'est pas 2022, mais 2023. Quant aux ménages, nous savons que certaines franges de la population souffrent déjà le martyre en raison de la hausse de leur facture énergétique. Mais là encore, sauf à penser que ces personnes ne sont pas bancarisées, ce qui serait étonnant, les banques n'affichent aucun retard de paiement, que ce soit pour les crédits hypothécaires ou prêts personnels. Comment expliquer cela ? Pour les personnes les plus démunies, l'une des explications qui me sont donnée, c'est que ces familles précarisées vont tout faire pour payer ces mensualités afin de garder un toit. Du coup, les économies se font sur d'autres postes. Le désarroi de ces familles est réel même si les banques ne le voient pas dans leurs comptes. Ce qui est d'ailleurs fâcheux en Belgique, c'est que notre gouvernement et nos Régions ne sont pas outillés statistiquement pour pouvoir cibler les personnes qui ont vraiment besoin d'aide. Le résultat, c'est quand une aide est enfin débloquée, elle arrose tous les ménages, même ceux qui n'en ont pas besoin. Et forcément, cette aide est riquiqui, car au lieu de cibler les personnes en détresse, elle doit être divisée par le plus grand nombre. Quant aux autres ménages, ceux de la classe moyenne, ils arrivent à faire encore le gros dos, grâce au COVID et à l'épargne forcée que ce virus a imposée. Mais là encore, on voit bien que les ménages commencent à piocher dans cette épargne forcée pour passer le cap de l'hiver.En réalité, tout va se jouer en 2023, l'inflation devrait arrêter de grimper et pourrait être divisée par deux ou par trois normalement. Et si le conflit devait s'arrêter, ce que tout le monde espère, on pourrait même assister à un rebond de l'économie comparable à ce qu'on a vu à la sortie du COVID. Mais pour l'heure, ce n'est pas le scénario choisi par les institutions économiques ni par les médias. Les politiques, quant à eux, ont choisi le discours des larmes et du sang, le discours de l'hiver très rude. Normal, s'ils ont raison, ils pourront dire qu'ils nous avaient prévenus, et s'ils ont tort, ils diront qu'ils ont bien géré la crise. Le Covid est passé par là, et nos politiques ont retenu quelques leçons médiatiques - pour le reste, il nous reste à nous rassurer en nous disant comme Coluche : "vivement demain que tout soit comme hier" .