Il y a, en effet, de quoi se réjouir si vous avez placé une partie de vos économies dans ce temple du commerce des promesses qu'est la Bourse : le Bel 20, l'indice phare de la Bourse de Bruxelles, est en hausse de 19 % depuis le début de l'année, le CAC 40, l'indice phare de la Bourse de Paris, est en hausse de 23% lui. C'est même un niveau que l'indice parisien n'avait plus atteint depuis 2007, c'est-à-dire un an avant la crise financière. Quant à la Bourse de New York, elle est à plus de 22%. Bref, les indices sont au vert !

Et c'est étonnant, car souvenez-vous, il y a encore quelques semaines, les économistes n'avaient qu'un seul mot en bouche : le mot récession. Par quel mystère, quel miracle, la Bourse est-elle passé de l'inquiétude à l'euphorie ? La réponse est simple : les investisseurs ont décidé de regarder le verre à moitié plein. C'est aussi bête que cela, et surtout aussi fragile que cela !

Le verre à moitié plein, cela signifie que les investisseurs espèrent maintenant qu'il y aura une trêve, entre les Américains et les Chinois, dans la guerre commerciale qu'ils se mènent depuis 3 ans maintenant. Les déclarations apaisantes des autorités américaines et chinoises font penser qu'un accord devrait arriver bientôt.

Je parlais de verre à moitié plein, car tous les experts savent que cet accord, s'il a lieu, sera bidon, car les problèmes de fond entre ces deux pays ne seront absolument pas résolus. Mais bon, le président Trump a besoin d'un accord pour gagner les élections, et les Chinois ont aussi besoin d'un accord pour redynamiser leur économie. Tant pis, si c'est un accord de façade !

L'autre raison, qui explique que les marchés financiers soient à ce point euphoriques, c'est que les banques centrales soutiennent la hausse de la Bourse en baissant encore plus les taux d'intérêt. Nous sommes en plein syndrome des taux négatifs ! Et comme tous les placements sans risque ne rapportent rien, ou même des taux négatifs, la Bourse - par contraste - apparait comme le seul endroit où il est encore possible d'avoir des rendements positifs. Là encore, c'est une autre manière de voir le verre à moitié plein, car soyons honnêtes, un monde avec des taux négatifs est un monde qui ne tourne pas rond ! Les taux négatifs sont synonymes de détraquement de l'économie mondiale.

Donc, oui, la Bourse se porte bien, mais l'idéal aurait été qu'elle se porte bien parce que l'économie se porte très bien, or, ce n'est franchement pas le cas. Oui, nous sommes dans une Bourse d'illusion d'optique, mais l'époque donne une prime au très court terme, et ce dans tous les domaines, y compris et surtout en Bourse.