Le Financial Stability Board, ou FSB dont vous n'avez jamais entendu parler, a vu le jour en 2009, au lendemain de la crise financière. Il a pris la relève du Financial Stability Forum (FSF) créé en 1999 à l'initiative du président de la banque centrale allemande. Le premier président du FSB était un certain Mario Draghi, alors gouverneur de la banque centrale d'Italie. Son président actuel est Mark Carney, le gouverneur de la Banque d'Angleterre.
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Le Financial Stability Board, ou FSB dont vous n'avez jamais entendu parler, a vu le jour en 2009, au lendemain de la crise financière. Il a pris la relève du Financial Stability Forum (FSF) créé en 1999 à l'initiative du président de la banque centrale allemande. Le premier président du FSB était un certain Mario Draghi, alors gouverneur de la banque centrale d'Italie. Son président actuel est Mark Carney, le gouverneur de la Banque d'Angleterre. Dans un contexte d'intégration et d'interconnexion des marchés financiers, le FSB a pour objectif de promouvoir la stabilité financière par la coopération des juridictions qui en font partie. Cette coopération est essentielle, pour comprendre les contours exacts de la sphère financière. Ce n'est que par cette compréhension que l'on peut espérer repérer les anomalies, les poches de risques et les liaisons parfois dangereuses entre la multitude d'entités, institutions et produits qui la composent. On précisera néanmoins que le FSB n'est pas le seul organe visant une meilleure stabilité financière : les régulateurs du secteur bancaire et financier du monde entier s'en occupent également, de même que le Fonds monétaire international, la Banque des règlements internationaux ou encore le Comité de Bâle. La spécificité du FSB est de s'intéresser au financement non bancaire de l'économie, impliquant des compagnies d'assurances, des fonds de pension, des institutions de financement publiques, et toute une série d'autres institutions financières non bancaires. Ceci représente quand même près de la moitié (ou 150 trillions de dollars) du financement des économies qui fournissent des données au FSB (ce groupe d'économies est fort large, puisqu'il représente 80 % du PIB mondial). Un sous-groupe du financement non bancaire (environ un cinquième de celui-ci, soit 34 trillions de dollars) porte un nom qui fait peur : le shadow banking. Ce terme est en fait mal choisi, car il donne l'impression d'une société obscure, une sorte de spectre finançant des activités illicites. Mais si l'on s'en tient à la réalité, le FSB définit le shadow banking comme l'intermédiation de crédits impliquant des entités et des activités (totalement ou partiellement) en dehors du système bancaire classique. Dès lors, le terme plus neutre de " financement de marché " serait peut-être plus approprié. Il n'empêche que le shadow banking implique des acteurs financiers non bancaires dans des opérations quasi-bancaires, telles que la transformation de maturités ou de liquidités ou l'utilisation d'un effet de levier. Par conséquent, les mêmes risques sont présents, sans que les institutions qui les prennent ne soient dans le radar des régulateurs. D'où l'intérêt d'étudier l'ampleur du shadow banking et ses interconnexions avec le secteur bancaire classique pour en apprécier le risque systémique. Tout l'enjeu de la recherche menée par le FSB est donc de mieux comprendre la taille du shadow banking, mais aussi les risques qu'il représente pour in fine pouvoir d'une manière ou d'une autre le réguler. Dans cet exercice mené annuellement depuis 2011, la collecte des données est un élément crucial, puisqu'il n'existe aucune autorité censée suivre en direct cette part de la sphère financière. A ce jour, les données de 28 juridictions ont pu être rassemblées. Parmi ces 28 juridictions, deux ont fait leur apparition dans la dernière étude en date publiée la semaine dernière : les îles Caïmans et... la Belgique. Cela méritait d'être souligné.