Le principal taux de refinancement a été maintenu à zéro tandis que les banques vont continuer à payer auprès de la BCE un intérêt négatif de 0,40% pour les liquidités dont elles n'ont pas l'utilité immédiate.

L'institution a également confirmé qu'elle réinvestirait "aussi longtemps qu'il le faudra" son stock pléthorique de 2.600 milliards d'euros d'obligations acquises depuis mars 2015, bien après le premier relèvement de ses taux.

Elle s'est en revanche abstenue de mentionner la nouvelle série de prêts géants aux banques annoncée en mars, et qui doit être lancée entre septembre prochain et mars 2021, avec à chaque fois une échéance de deux ans.

Les détails de ces opérations ne devraient pas être dévoilés avant juin, a récemment indiqué le chef économiste de la BCE, Peter Praet. Or la BCE voudra les calibrer de manière à "préserver des conditions de crédit favorables" et une "bonne transmission de la politique monétaire" à l'économie, c'est-à-dire la redistribution de ces liquidités sous forme de crédits aux entreprises et aux ménages.

Si elle avait pris par surprise en mars les marchés avec ses annonces, cette fois l'ensemble des observateurs s'attendait à ce que la BCE affiche sa volonté de stimuler la conjoncture tant qu'elle aura besoin d'une telle béquille monétaire.

D'autant que le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé de 0,3 point mardi ses prévisions pour la zone euro par rapport à janvier, avec une croissance attendue de seulement 1,3% cette année, se montrant toutefois plus optimiste que le pronostic de 1,1% livré par la BCE en mars.

Les gardiens de l'euro avaient aussi ce mercredi en tête un sommet extraordinaire prévu ce soir à Bruxelles qui pourrait accorder au Royaume-Uni un report du Brexit au-delà du 12 avril, mais avec des conditions strictes. Jusqu'à présent, M. Draghi a estimé que le Brexit "n'affectera pas tellement l'économie de l'UE".