Les services financiers britanniques, concentrés largement dans la City au coeur de Londres, ont confiance dans leur avenir et leur positionnement dans les fintech, la finance verte, le marché des changes et les dérivés, souligne Mme McGuinness, la voix de la City, dans un entretien à l'AFP mercredi.

"Si vous cherchez à centraliser vos activités de trading, vous allez plutôt penser à Londres plutôt qu'à l'Union européenne. Je suggère à nos partenaires de l'UE que, vu l'intégration de nos marchés, nuire à Londres n'est pas forcément à leur avantage".

Depuis que le Brexit est devenu réalité le 1er janvier, avec la sortie britannique du marché unique, la City de Londres a perdu son passeport qui lui permettait de faire des affaires à travers l'UE.

Les services financiers britanniques attendent de voir si l'UE va accorder des équivalences, des permis d'exercer au périmètre restreint et facilement révocables.

Pour l'instant, l'UE n'en a accordé que deux, sur la compensation de dérivés et la finalisation des échanges d'actions irlandaises. Les domaines clés comme le courtage d'actions ou de dérivés n'ont pas encore reçu le précieux sésame et la Commission, qui a demandé des informations supplémentaires, ne semble pas pressée de les donner.

Si la City est "déçue" du peu de poids donné aux services financiers, moteurs de l'économie britannique, dans l'accord commercial signé à Noël entre Londres et Bruxelles, elle se réjouit que les deux parties aient commencé par ailleurs à discuter pour trouver un accord cadre (memorandum of understanding) afin de collaborer sur les "défis communs comme le climat, les technologies, les normes internationales...".

Parmi les dossiers urgents à régler, elle relève la question sensible des transferts de données personnelles entre entités britanniques et européennes.

Mme McGuinness fait remarquer que sans compromis sur ce point, les possibilités d'offrir des services financiers de part et d'autre de la Manche se réduiront.

"J'espère que l'UE suivra l'exemple du Royaume-Uni qui a donné des équivalences" à l'UE il y a plus d'un an "afin d'éviter la fragmentation" des marchés européens, insiste-t-elle.

Se préparant au pire, à savoir un Brexit sans accord, les firmes financières ont depuis plusieurs années transféré environ 7.000 emplois vers Paris, Dublin, Francfort ou Amsterdam, et environ 1.000 milliard de livres d'actifs.

- Pas de déréglementation ? -

Pour la porte-voix du puissant secteur financier, qui pesait 7% de l'économie britannique et générait plus de 132 milliards de livres par an en 2018, la perte d'emplois observée dans la City a été plus faible qu'initialement craint, et elle rappelle qu'avant la pandémie de Covid-19, l'emploi en général dans la City (postes financiers ou pas) était en hausse.

"On a observé un rééquilibrage dans certaines activités, les actions par exemple", relève cette infatigable avocate de la finance, au phrasé policé.

Plusieurs milliards de livres de transactions sur des actions européennes ont ainsi migré de plateformes britanniques vers des plateformes d'échanges européennes depuis le 1er janvier. Mais la City a les yeux tournés vers son développement hors UE.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson, qui s'est fait élire sur la promesse du Brexit et de "libérer" le Royaume-Uni de ce qu'il décrivait comme le joug de Bruxelles, a réuni il y a quelques jours les représentants du monde des affaires pour leur demander où la réglementation pourrait être modifiée pour être "plus efficace". Les Européens craignent que le Brexit ne serve d'excuse à un dumping réglementaire.

"La City ne veut pas de grand bûcher des réglementations", veut rassurer Mme McGuinness, répétant que le niveau de normes prudentielles élevé fait partie de son attractivité.

En revanche, "nous voulons écrire les règles plus que les recevoir", fait-elle valoir, dans la foulée de déclarations similaires du gouverneur de la Banque d'Angleterre il y a quelques jours.

Elle appelle à la collaboration avec l'UE et de "limiter le recours à l'arbitrage" en cas de différends autour des réglementations entre Londres et Bruxelles.

Elle conclut que le défi du Covid-19, celui de "toute une génération, est l'un de ceux sur lesquels nous devrions collaborer".

Les services financiers britanniques, concentrés largement dans la City au coeur de Londres, ont confiance dans leur avenir et leur positionnement dans les fintech, la finance verte, le marché des changes et les dérivés, souligne Mme McGuinness, la voix de la City, dans un entretien à l'AFP mercredi."Si vous cherchez à centraliser vos activités de trading, vous allez plutôt penser à Londres plutôt qu'à l'Union européenne. Je suggère à nos partenaires de l'UE que, vu l'intégration de nos marchés, nuire à Londres n'est pas forcément à leur avantage".Depuis que le Brexit est devenu réalité le 1er janvier, avec la sortie britannique du marché unique, la City de Londres a perdu son passeport qui lui permettait de faire des affaires à travers l'UE.Les services financiers britanniques attendent de voir si l'UE va accorder des équivalences, des permis d'exercer au périmètre restreint et facilement révocables.Pour l'instant, l'UE n'en a accordé que deux, sur la compensation de dérivés et la finalisation des échanges d'actions irlandaises. Les domaines clés comme le courtage d'actions ou de dérivés n'ont pas encore reçu le précieux sésame et la Commission, qui a demandé des informations supplémentaires, ne semble pas pressée de les donner.Si la City est "déçue" du peu de poids donné aux services financiers, moteurs de l'économie britannique, dans l'accord commercial signé à Noël entre Londres et Bruxelles, elle se réjouit que les deux parties aient commencé par ailleurs à discuter pour trouver un accord cadre (memorandum of understanding) afin de collaborer sur les "défis communs comme le climat, les technologies, les normes internationales...".Parmi les dossiers urgents à régler, elle relève la question sensible des transferts de données personnelles entre entités britanniques et européennes.Mme McGuinness fait remarquer que sans compromis sur ce point, les possibilités d'offrir des services financiers de part et d'autre de la Manche se réduiront."J'espère que l'UE suivra l'exemple du Royaume-Uni qui a donné des équivalences" à l'UE il y a plus d'un an "afin d'éviter la fragmentation" des marchés européens, insiste-t-elle.Se préparant au pire, à savoir un Brexit sans accord, les firmes financières ont depuis plusieurs années transféré environ 7.000 emplois vers Paris, Dublin, Francfort ou Amsterdam, et environ 1.000 milliard de livres d'actifs.- Pas de déréglementation ? -Pour la porte-voix du puissant secteur financier, qui pesait 7% de l'économie britannique et générait plus de 132 milliards de livres par an en 2018, la perte d'emplois observée dans la City a été plus faible qu'initialement craint, et elle rappelle qu'avant la pandémie de Covid-19, l'emploi en général dans la City (postes financiers ou pas) était en hausse."On a observé un rééquilibrage dans certaines activités, les actions par exemple", relève cette infatigable avocate de la finance, au phrasé policé.Plusieurs milliards de livres de transactions sur des actions européennes ont ainsi migré de plateformes britanniques vers des plateformes d'échanges européennes depuis le 1er janvier. Mais la City a les yeux tournés vers son développement hors UE.Le Premier ministre britannique Boris Johnson, qui s'est fait élire sur la promesse du Brexit et de "libérer" le Royaume-Uni de ce qu'il décrivait comme le joug de Bruxelles, a réuni il y a quelques jours les représentants du monde des affaires pour leur demander où la réglementation pourrait être modifiée pour être "plus efficace". Les Européens craignent que le Brexit ne serve d'excuse à un dumping réglementaire."La City ne veut pas de grand bûcher des réglementations", veut rassurer Mme McGuinness, répétant que le niveau de normes prudentielles élevé fait partie de son attractivité.En revanche, "nous voulons écrire les règles plus que les recevoir", fait-elle valoir, dans la foulée de déclarations similaires du gouverneur de la Banque d'Angleterre il y a quelques jours.Elle appelle à la collaboration avec l'UE et de "limiter le recours à l'arbitrage" en cas de différends autour des réglementations entre Londres et Bruxelles.Elle conclut que le défi du Covid-19, celui de "toute une génération, est l'un de ceux sur lesquels nous devrions collaborer".