Qu'est-ce qui explique qu'aujourd'hui l'euro plie ainsi face au dollar ? Qu'est-ce qui a fait que l'euro a perdu 13% de sa valeur vis-à-vis du dollar américain au cours des douze derniers mois ? Réponse en deux temps.

Primo, la différence de taux d'intérêt entre les Etats-Unis et l'Europe. Les Américains ont remonté leur taux d'intérêt plus tôt, plus vite et plus fort que nous, et donc investir en dollar rapporte plus qu'être en devise européenne. C'est ce différentiel de taux d'intérêt qui joue en faveur du dollar. Secundo, les perspectives de croissances sont jugées plus fortes pour les Etats-Unis que pour l'Europe. N'oublions pas que nous sommes aux portes du conflit en Ukraine alors que l'Oncle Sam tire lui les marrons du feu dans cette guerre d'usure.

Comme je commente l'actualité économique depuis quelques années déjà, je dois avouer que cette glissade de l'euro aurait, en temps normal, fait réagir les commentateurs. La plupart nous aurait dit qu'un euro faible, c'est bon pour les exportations. Aujourd'hui, les commentaires sont plus subtils et font surtout remarquer qu'un euro faible, c'est un euro qui va renforcer l'inflation, ce dont nous n'avons vraiment pas besoin vous le reconnaitrez. L'euro faible attise en effet la hausse des prix car les produits importés comme le pétrole, le gaz ou le blé sont libellés en dollar et donc, au final, nos importations nous coûteront plus chères et donc aggraveront la valse des étiquettes.

Mais attention, en économie rien n'est jamais simple : comme l'euro est à son plus bas niveau depuis 20 ans face au dollar, la crainte d'une récession en Europe, et même aux Etats-Unis, se fait plus forte. Le résultat, c'est que le prix des matières premières est en train de baisser car il y a une anticipation de la baisse de la demande. Même le prix du pétrole est en train de piquer du nez. Quant aux taux d'intérêt à long terme, ils sont aussi en baisse car les investisseurs pensent que l'inflation finira par baisser du fait du ralentissement économique. Et ce ralentissement économique redonne le sourire aux investisseurs boursiers, car qui dit baisse de l'inflation à moyen terme, dit aussi baisse des taux d'intérêt.

Ce phénomène d'anticipation montre bien que la Bourse, c'est le commerce des promesses, comme l'a dit un jour un économiste. Je m'en voudrais de ne pas terminer par un autre paradoxe. Pendant que l'euro s'affaiblit, le rouble - la devise russe - est très en forme : sa valeur a même triplé depuis l'invasion de l'Ukraine. Donc le rouble est tellement fort qu'il pose un gros souci aux hommes d'affaires russes qui voudraient bien le voir redescendre sur terre. Malgré l'avalanche des sanctions économiques et financières européennes et américaines, le triste constat est là : le rouble se porte très bien. Ce qui renforce encore plus la gêne ambiante, dont je vous parlais hier, à propos des hommes politiques européens face au dossier ukrainien. Le scénario ne se déroule pas comme prévu, et ça, ça ne fait pas la UNE de nos médias.

Qu'est-ce qui explique qu'aujourd'hui l'euro plie ainsi face au dollar ? Qu'est-ce qui a fait que l'euro a perdu 13% de sa valeur vis-à-vis du dollar américain au cours des douze derniers mois ? Réponse en deux temps.Primo, la différence de taux d'intérêt entre les Etats-Unis et l'Europe. Les Américains ont remonté leur taux d'intérêt plus tôt, plus vite et plus fort que nous, et donc investir en dollar rapporte plus qu'être en devise européenne. C'est ce différentiel de taux d'intérêt qui joue en faveur du dollar. Secundo, les perspectives de croissances sont jugées plus fortes pour les Etats-Unis que pour l'Europe. N'oublions pas que nous sommes aux portes du conflit en Ukraine alors que l'Oncle Sam tire lui les marrons du feu dans cette guerre d'usure.Comme je commente l'actualité économique depuis quelques années déjà, je dois avouer que cette glissade de l'euro aurait, en temps normal, fait réagir les commentateurs. La plupart nous aurait dit qu'un euro faible, c'est bon pour les exportations. Aujourd'hui, les commentaires sont plus subtils et font surtout remarquer qu'un euro faible, c'est un euro qui va renforcer l'inflation, ce dont nous n'avons vraiment pas besoin vous le reconnaitrez. L'euro faible attise en effet la hausse des prix car les produits importés comme le pétrole, le gaz ou le blé sont libellés en dollar et donc, au final, nos importations nous coûteront plus chères et donc aggraveront la valse des étiquettes.Mais attention, en économie rien n'est jamais simple : comme l'euro est à son plus bas niveau depuis 20 ans face au dollar, la crainte d'une récession en Europe, et même aux Etats-Unis, se fait plus forte. Le résultat, c'est que le prix des matières premières est en train de baisser car il y a une anticipation de la baisse de la demande. Même le prix du pétrole est en train de piquer du nez. Quant aux taux d'intérêt à long terme, ils sont aussi en baisse car les investisseurs pensent que l'inflation finira par baisser du fait du ralentissement économique. Et ce ralentissement économique redonne le sourire aux investisseurs boursiers, car qui dit baisse de l'inflation à moyen terme, dit aussi baisse des taux d'intérêt.Ce phénomène d'anticipation montre bien que la Bourse, c'est le commerce des promesses, comme l'a dit un jour un économiste. Je m'en voudrais de ne pas terminer par un autre paradoxe. Pendant que l'euro s'affaiblit, le rouble - la devise russe - est très en forme : sa valeur a même triplé depuis l'invasion de l'Ukraine. Donc le rouble est tellement fort qu'il pose un gros souci aux hommes d'affaires russes qui voudraient bien le voir redescendre sur terre. Malgré l'avalanche des sanctions économiques et financières européennes et américaines, le triste constat est là : le rouble se porte très bien. Ce qui renforce encore plus la gêne ambiante, dont je vous parlais hier, à propos des hommes politiques européens face au dossier ukrainien. Le scénario ne se déroule pas comme prévu, et ça, ça ne fait pas la UNE de nos médias.