Jean qui rit, c'est KBC. Malgré la crise, le groupe de banque et d'assurance dirigé par Johan Thijs termine l'année 2020 sur un résultat net de 1,4 milliard d'euros. Certes, c'est un milliard de moins qu'en 2019 et une chute de 42% du bénéfice net sur un an. En cause bien sûr, les taux d'intérêt négatifs qui persistent et réduisent les marges du secteur (265 millions) et de gross...

Jean qui rit, c'est KBC. Malgré la crise, le groupe de banque et d'assurance dirigé par Johan Thijs termine l'année 2020 sur un résultat net de 1,4 milliard d'euros. Certes, c'est un milliard de moins qu'en 2019 et une chute de 42% du bénéfice net sur un an. En cause bien sûr, les taux d'intérêt négatifs qui persistent et réduisent les marges du secteur (265 millions) et de grosses provisions (800 millions) actées pour faire face aux éventuels défauts de paiements des entreprises frappées par la crise sanitaire. Mais le recul du bénéfice est moins important qu'imaginé au sortir du premier trimestre 2020, lorsque KBC avait enregistré une perte de 5 millions. Moins important parce que les provisions sont bien inférieures à celles prévues dans le cadre du scénario du pire envisagé dans la foulée du premier confinement. Mais selon la banque, ce scénario, qui tablait à l'époque sur un montant de 1,6 milliard d'euros de mauvais crédits, ne serait plus d'actualité. A l'inverse, ING Belgique fait figure de Jean qui pleure. Désormais dirigée par un ex-consultant du Boston Consulting Group en la personne de Peter Adams, la filiale belge de la banque néerlandaise, laquelle est pourtant considérée par certains analystes comme "la plus prometteuse des banques cotées du Benelux", a elle aussi dû acter de lourdes provisions (589 millions) pour faire face à d'éventuels mauvais crédits en raison de la crise. Mais son bénéfice net s'est nettement plus contracté que celui de KBC, tombant de 558 millions à 180 millions, soit largement en dessous de celui de la division belge du bancassureur (un milliard d'euros). Un chiffre en recul de 67% qui n'est pas uniquement dû à la crise mais aussi au moral des troupes et à la crise d'identité que traverse la maison de l'avenue Marnix, empêtrée depuis 2016 dans une réorganisation qui n'en finit plus.