Alors que plus de 200.000 particuliers et entreprises ont déjà obtenu des facilités de paiement auprès de leur banquier pour les anciens prêts, le plan de sauvetage conclu par le ministre des Finances avec la Banque nationale et le secteur bancaire, doté de 50 milliards de garantie fédérale pour les nouveaux prêts aux entreprises, ne décolle pas vraiment. Pourquoi ?
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Alors que plus de 200.000 particuliers et entreprises ont déjà obtenu des facilités de paiement auprès de leur banquier pour les anciens prêts, le plan de sauvetage conclu par le ministre des Finances avec la Banque nationale et le secteur bancaire, doté de 50 milliards de garantie fédérale pour les nouveaux prêts aux entreprises, ne décolle pas vraiment. Pourquoi ? Plusieurs éléments expliquent pourquoi le bazooka de la BNB démarre si lentement. D'abord, les banquiers ont concentré leurs efforts sur le moratoire des crédits existants, c'est-à-dire le report de paiement des crédits hypothécaires pour les particuliers ainsi que la suspension du remboursement des échéances liées à leur crédit pour les indépendants et les PME. Il faut aussi savoir que le dispositif légal qui encadre le régime de garantie fédérale sur les nouveaux crédits est particulièrement précis mais également très complexe. Cela nécessitait une lecture interprétative. Il a fallu enfin que les banques discutent avec les organismes de soutien publics régionaux, tels que la Sowalfin en Wallonie, pour articuler au mieux le dispositif et rencontrer au maximum les demandes des entrepreneurs. Tout cela a pris du temps avant de pouvoir mettre du cash à disposition des entreprises. Si le dispositif rate en partie sa cible, n'est-ce pas du reste aussi parce beaucoup d'entreprises ont besoin de crédit sur des durées plus longues ? Un crédit-pont de 12 mois peut être une solution pour un certain nombre d'entreprises, mais pas pour toutes. Surtout pour celles qui sont restées longtemps en lockdown ou qui le sont toujours. Rembourser un crédit après 12 mois, ce n'est pas tenable. C'est d'autant plus intenable que le remboursement risque de se faire pendant l'hiver, quand l'activité sera moins forte. Pensez à l'horeca, au secteur de la construction. C'est la raison pour laquelle beaucoup d'entrepreneurs nous demandent de pouvoir étaler leurs besoins de trésorerie sur des durées plus longues. Ils regrettent également le côté bullet du système, c'est-à-dire de devoir rembourser le prêt en une fois. Faut-il étendre la garantie d'Etat à plus de 12 mois comme le préconise Johan Thijs, le CEO de KBC et président de Febelfin ? Le fait que cette garantie existe est une bonne chose. Tout en stabilisant le secteur financier, elle permet d'activer les dispositifs régionaux de soutien avec un effet de levier considérable. Grâce à cela, nous couvrons deux fois plus de dossiers. Mais le bazooka de la BNB pourrait tirer plus loin. Il serait justifié, d'un point de vue économique, d'étendre cette garantie d'Etat sur une période plus longue, pour des crédits allant par exemple de 18 à 36 mois. Cela permettrait aux organismes régionaux comme la Sowalfin de reprendre le flambeau du fédéral qui aura joué son rôle de stabilisateur.