ING Belgique sera-t-elle la première grande banque belge à fonctionner sans comité de direction ? C'est en tout cas la question que se posent nos confrères du journal De Standaard dans un article paru dernièrement. Motif : le départ de plusieurs membres de la direction (directeur IT, responsable wholesale banking, etc.) auquel doit faire face la filiale belge du groupe néerlandais.

Selon le quotidien flamand, l'idée de mettre sur pied un comité de direction commun aux Pays-Bas et à la Belgique circulerait en interne. A côté d'Erik Van Den Eynden, actuel CEO d'ING Belgique, seuls deux ou trois Belges se verraient ainsi siéger au sein de ce nouvel organe de gestion unifié. Ce dernier, indique encore De Standaard, pourrait voir le jour d'ici la fin du plan de transformation du groupe en 2020. A cette date en effet, les activités belges se fonderont dans le pôle bancaire néerlandais pour ne plus tourner que sur une seule et unique même plateforme IT devant accueillir 11 millions de clients en Belgique et aux Pays-Bas.

"Country manager"

Alors, info ou intox ? ING Belgique ne disposera-t-elle bientôt plus de sa propre direction en Belgique, ce qui expliquerait les récents départs ? " Il est encore trop tôt pour s'avancer sur le sujet ", indique-t-on officiellement du côté d'ING Belgique. Mais un tel scénario est loin d'être totalement impossible. D'abord parce que ceux qui connaissent bien la maison de l'avenue Marnix savent que le groupe dirigé aujourd'hui par Ralph Hamers a déjà planché par le passé sur cette possibilité consistant à remplacer le comité de direction en Belgique par une simple fonction de country manager, soit un patron de succursale. Ensuite parce dans le cadre de sa nouvelle stratégie Unite, de plus en plus de départements (communication, marketing, etc.) sont déjà gérés de manière transfrontalière - centralisée à Amsterdam diront les mauvaises langues. Enfin parce que des discussions seraient en cours à ce propos entre la banque et ses régulateurs : Banque centrale européenne et Banque nationale de Belgique.

Reste, bien sûr, à voir si ces mêmes autorités de contrôle accepteront pareille structure de management simplifiée. Car l'ancienne BBL rachetée par ING en 1998 n'est pas une banque comme les autres. Avec les BNP Paribas Fortis et consorts, elle fait partie du club très fermé des banques systémiques. Des banques qui, de par leur taille et la nature de leurs activités, sont d'une importance capitale pour l'économie d'un pays. Difficile dans ces conditions d'imaginer la maison de l'avenue Marnix sans au moins une (petite) direction officielle. Bref, les discussions entre les principaux intéressés promettent d'être longues avant d'éventuellement aboutir.