Le gouvernement a décidé vendredi dernier de faire de la SFPI (Société fédérale de participations et d'investissement) un véritable fonds souverain, doté d'une série d'actifs pesant 18 milliards d'euros. Jusqu'à présent, en effet, la SFPI, bras financier de l'Etat fédéral, avait deux tâches distinctes. L'une de gérer des actifs en propre, l'autre d'assurer pour l'Etat des missions déléguées et donc de gérer ...

Le gouvernement a décidé vendredi dernier de faire de la SFPI (Société fédérale de participations et d'investissement) un véritable fonds souverain, doté d'une série d'actifs pesant 18 milliards d'euros. Jusqu'à présent, en effet, la SFPI, bras financier de l'Etat fédéral, avait deux tâches distinctes. L'une de gérer des actifs en propre, l'autre d'assurer pour l'Etat des missions déléguées et donc de gérer au nom du gouvernement ses participations dans Belfius, BNP Paribas, Ethias, Proximus, Credendo. La SFPI détient par ailleurs une partie du capital de bpost et de la Loterie nationale aux côtés de l'Etat. Pour remettre un peu d'ordre dans tout cela, il a été décidé de transférer l'intégralité des participations de l'Etat dans la SFPI, dont les actifs passeront ainsi de 2,5 à 18 milliards d'euros environ (il faut encore auditer la valeur de sociétés non cotées). Le transfert se ferait en deux temps: le premier cette année, l'autre avant la fin de la législature. La SFPI absorberait en 2021 les participations financières (Belfius, Ethias, BNP) et la Loterie. Ensuite viendrait le tour de Credendo, Proximus et bpost. SNCB, Infrabel et Brussels Airlines resteraient encore un moment en dehors de l'opération. L'objectif de ces transferts est double. D'abord, ils feront de la SFPI un véritable fonds souverain, doté d'une force de frappe financière non négligeable puisque le cash-flow que généreront ces participations devrait s'élever à 1,5 milliard d'euros. La SFPI sera ainsi mieux à même de soutenir et d'aider au développement de l'économie du pays. Mais cette décision règle aussi un problème de gouvernance. "Dans une optique de bonne gouvernance et de séparation claire entre le rôle de l'Etat en tant qu'actionnaire, décideur politique et régulateur, il convient de centraliser toutes les participations de l'Etat fédéral au sein d'une entité unique, c'est-à-dire au bilan de la SFPI", explique-t-on au gouvernement.