La lettre annuelle de Larry Fink, le patron de BlackRock, autrement dit le patron du plus grand gérant d'actions au monde, est lue de manière attentive par les PDG de ces sociétés cotées en Bourse. En effet, BlackRock gère plus de 15.000 milliards de dollars d'actifs et comme est souvent le premier actionnaire de 90% des plus grandes sociétés cotées. Donc, on fait généralement attention à ce que Larry Fink écrit dans sa lettre.

Pour 2020, c'est simple, Larry Fink souhaite que les sociétés cotées en Bourse, dans lesquelles son fonds a investi de l'argent, inscrivent le changement climatique dans leurs priorités. Les entreprises concernées sont désormais priées d'écrire noir sur blanc dans leur rapport annuel comment, par exemple, elles vont respecter les accords de Paris pour limiter le réchauffement de la planète à moins de deux degrés. A priori, on a envie de dire bravo à ce genre d'initiative, la finance doit aussi se verdir et donc c'est une belle initiative. Oui, sauf que les épargnants notamment les plus jeunes, qui applaudissent ce genre d'idée, sont aussi les premiers à ne pas la respecter...

Ce que je veux dire par là, c'est que les épargnants sont souvent les premiers pollueurs comme l'écrivent aussi mes collègues des Echos. C'est choquant à entendre mais c'est la vérité. Le paradoxe s'explique facilement. Depuis quelques années, ce qui est à la mode auprès des épargnants, c'est la gestion passive. En clair, aujourd'hui, un épargnant qui veut investir son épargne en Bourse le fait souvent via la gestion passive ; c'est moins cher, et cela consiste à mettre son argent dans un fonds qui réplique un indice composé d'un panier d'actions. Ce fonds suit de manière automatique, je dirais presque aveugle, ce panier d'actions. En d'autres mots, s'il y a dans ce panier des actions polluantes, l'épargnant ne peut pas les retirer car elles font partie du panier. Ainsi, en choisissant la gestion passive parce qu'elle est moins chère que la gestion active, l'épargnant contribuer à polluer la planète...

Je rappelle qu'à l'inverse, la gestion active est réalisée par des analystes, donc des humains qui choisissent pour vous les actions, les sélectionnent et donc peuvent retirer les actions polluantes. Bien entendu, cette gestion active coûte plus cher que la gestion passive, car il faut rémunérer les analystes qui font ce boulot de sélection, alors que la gestion passive elle est automatisée, faite par ordinateur.

Donc, oui, l'épargnant est le premier pollueur, sans doute sans le savoir... Comme la gestion passive a de plus en plus de succès, il ne faut pas d'un côté manifester, ou soutenir les manifestations, pour le climat et puis de l'autre côté continuer à investir de manière passive. Il faudra bien, à un moment donné, sortir de la contradiction ! Sinon, les épargnants, comme les consommateurs, resteront les premiers pollueurs !

La lettre annuelle de Larry Fink, le patron de BlackRock, autrement dit le patron du plus grand gérant d'actions au monde, est lue de manière attentive par les PDG de ces sociétés cotées en Bourse. En effet, BlackRock gère plus de 15.000 milliards de dollars d'actifs et comme est souvent le premier actionnaire de 90% des plus grandes sociétés cotées. Donc, on fait généralement attention à ce que Larry Fink écrit dans sa lettre.Pour 2020, c'est simple, Larry Fink souhaite que les sociétés cotées en Bourse, dans lesquelles son fonds a investi de l'argent, inscrivent le changement climatique dans leurs priorités. Les entreprises concernées sont désormais priées d'écrire noir sur blanc dans leur rapport annuel comment, par exemple, elles vont respecter les accords de Paris pour limiter le réchauffement de la planète à moins de deux degrés. A priori, on a envie de dire bravo à ce genre d'initiative, la finance doit aussi se verdir et donc c'est une belle initiative. Oui, sauf que les épargnants notamment les plus jeunes, qui applaudissent ce genre d'idée, sont aussi les premiers à ne pas la respecter... Ce que je veux dire par là, c'est que les épargnants sont souvent les premiers pollueurs comme l'écrivent aussi mes collègues des Echos. C'est choquant à entendre mais c'est la vérité. Le paradoxe s'explique facilement. Depuis quelques années, ce qui est à la mode auprès des épargnants, c'est la gestion passive. En clair, aujourd'hui, un épargnant qui veut investir son épargne en Bourse le fait souvent via la gestion passive ; c'est moins cher, et cela consiste à mettre son argent dans un fonds qui réplique un indice composé d'un panier d'actions. Ce fonds suit de manière automatique, je dirais presque aveugle, ce panier d'actions. En d'autres mots, s'il y a dans ce panier des actions polluantes, l'épargnant ne peut pas les retirer car elles font partie du panier. Ainsi, en choisissant la gestion passive parce qu'elle est moins chère que la gestion active, l'épargnant contribuer à polluer la planète...Je rappelle qu'à l'inverse, la gestion active est réalisée par des analystes, donc des humains qui choisissent pour vous les actions, les sélectionnent et donc peuvent retirer les actions polluantes. Bien entendu, cette gestion active coûte plus cher que la gestion passive, car il faut rémunérer les analystes qui font ce boulot de sélection, alors que la gestion passive elle est automatisée, faite par ordinateur.Donc, oui, l'épargnant est le premier pollueur, sans doute sans le savoir... Comme la gestion passive a de plus en plus de succès, il ne faut pas d'un côté manifester, ou soutenir les manifestations, pour le climat et puis de l'autre côté continuer à investir de manière passive. Il faudra bien, à un moment donné, sortir de la contradiction ! Sinon, les épargnants, comme les consommateurs, resteront les premiers pollueurs !