Le but premier est de pousser les consommateurs à consommer plutôt qu'épargner. Le deuxième est d'inciter les entrepreneurs à investir. Et le troisième est de donner un peu d'oxygène aux Etats endettés, lesquels peuvent plus facilement rembourser leurs dettes publiques.
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Le but premier est de pousser les consommateurs à consommer plutôt qu'épargner. Le deuxième est d'inciter les entrepreneurs à investir. Et le troisième est de donner un peu d'oxygène aux Etats endettés, lesquels peuvent plus facilement rembourser leurs dettes publiques. Malheureusement, cette politique tarde à donner ses fruits. Le chômage reste très élevé et la croissance trop faible. Raison pour laquelle de plus en plus d'économistes, mais aussi des politiques, critiquent la BCE. Theresa May, Première ministre britannique, a résumé la situation : les citoyens qui ont des actifs sont plus riches qu'hier. Les citoyens qui n'ont pas d'actifs souffrent davantage. Les citoyens qui ont la chance de pouvoir accéder à un emprunt hypothécaire empruntent à des taux ridicules. Et les citoyens qui ont de l'épargne sur un compte bancaire se retrouvent plus pauvres aujourd'hui qu'hier. Voilà un résumé assez sanglant que n'apprécie pas du tout Mario Draghi, le président de la BCE. Il estime avoir fait son boulot en fixant les taux d'intérêt à un niveau artificiellement bas et que c'est aux gouvernements nationaux à faire le reste. Mieux encore, il pense que s'il n'avait rien fait, la situation serait pire encore. Cela me fait penser à cette question posée à l'écrivain américain Gore Vidal. Un journaliste lui demandait ce qui se serait passé si c'était Nikita Khrouchtchev qui avait été assassiné et non pas John F. Kennedy. Vidal a réfléchi quelques secondes avant de répondre : " Vous savez, en matière d'Histoire, il est toujours difficile de dire ce qui se serait passé si tel événement n'avait pas eu lieu. Mais je suis sûr d'une chose, Aristote Onassis n'aurait pas épousé Mme Khrouchtchev ! ".