L'or n'est pas intéressant, car il ne rapporte rien, il ne rapporte aucun intérêt. Cette phrase, beaucoup d'épargnants l'ont entendue et souvent de la bouche des banquiers pour qui le métal jaune n'est pas vraiment un placement. Depuis que l'or a grimpé d'environ 20% depuis le début de l'année, le discours change et se veut moins tranchant. Les gestionnaires de patrimoine des banques préconisent même d'avoir 5% de son patrimoine sous forme d'or.

En fait, l'or attire les regards ces derniers mois pour plusieurs raisons. La première, c'est que les particuliers ont compris qu'aller en Bourse actuellement, c'est accepter de vivre au rythme des Tweets de Donald Trump et de la guerre commerciale qu'il livre à la Chine. Sans oublier qu'en cas de Brexit sans accord, la Bourse risque aussi d'être très fortement chahutée. Et le particulier ne peut pas se réfugier du côté de son livret d'épargne qui ne rapporte plus que 0.11% ni du côté des obligations de pays solide. Il faut savoir qu'aujourd'hui, la moitié du marché obligataire offre un rendement inférieur à l'inflation. Donc, l'investisseur se tourne vers l'or - surtout depuis que celui-ci a franchi la barre symbolique de 1500 dollars l'once.

La question aujourd'hui, c'est : est-ce qu'il n'est pas trop tard pour acheter de l'or ? Cette chronique n'est pas là pour vous donner des conseils boursiers, mais juste des balises. A cette question, le banquier répond au client qu'il risque d'acheter au plus haut et que donc il prend un risque. En réalité, comme le constatent les intermédiaires spécialisés dans la vente d'or, les clients continuent d'affluer. Les plus pessimistes pensent qu'un Krach boursier n'est pas à exclure, ils estiment que si les tensions économiques et géopolitiques se maintiennent, l'once d'or peut atteindre les 1600 dollars. Ils amassent donc de l'or comme les enfants amassent des cartes Pokémon, quitte à dépasser les 5 ou 10% de leur patrimoine. D'autres, au contraire, essaient de n'acheter que de l'or physique et pas de l'or-papier. L'or papier, ce sont ces fonds indexés sur l'or - mais justement en cas de Krach, ils savent que la production d'or ne pourra pas suivre, car le marché de l'or-papier est 100 fois plus gros que le marché physique. En clair, il n'y aurait pas autant d'or disponible que ce que prétendent les banques et le jour fatidique où les investisseurs voudront obtenir la livraison physique de leur or qui est donc adossé à ce papier, il y a un risque de ne plus avoir assez d'or physique pour satisfaire tout le monde. Voilà pourquoi les épargnants préfèrent les lingots d'or à l'or papier. Dernier conseil : si vous achetez de l'or en dehors du secteur bancaire, veuillez vérifier que l'intermédiaire qui vous le propose est bien agréé par la FSMA, le gendarme des services et des marchés financiers en Belgique. Sans jeux de mots, c'est un conseil en or.