Bon sang ne peut mentir. Son père, Luc Onclin, a fait carrière au sein de l'ancien Crédit Communal avant de devenir président du comité de direction de Dexia Banque Belgique entre 1999 et 2002. Depuis le 1er janvier, son fils Olivier dirige désormais les activités de retail et commercial banking chez Belfius, la banque née de la chute du groupe Dexia en 2011 et héritière de l'ancienne Dexia Banque Belgique. Tel père, tel fils. Du coup, " on m'appelle encore parfois Luc, comme mon père, lâche, amusé, Olivier Onclin. Cela m'arrive même plusieurs fois par an. Certains pensent que j'ai un plan de carrière parce que je suis 'le fils de'. C'est pourtant tout à fait par hasard que je suis arrivé chez Belfius. Cela peut paraître bizarre, mais c'est comme cela. Travailler dans une banque était de loin la dernières de mes idées quand j'étais jeune. "
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Bon sang ne peut mentir. Son père, Luc Onclin, a fait carrière au sein de l'ancien Crédit Communal avant de devenir président du comité de direction de Dexia Banque Belgique entre 1999 et 2002. Depuis le 1er janvier, son fils Olivier dirige désormais les activités de retail et commercial banking chez Belfius, la banque née de la chute du groupe Dexia en 2011 et héritière de l'ancienne Dexia Banque Belgique. Tel père, tel fils. Du coup, " on m'appelle encore parfois Luc, comme mon père, lâche, amusé, Olivier Onclin. Cela m'arrive même plusieurs fois par an. Certains pensent que j'ai un plan de carrière parce que je suis 'le fils de'. C'est pourtant tout à fait par hasard que je suis arrivé chez Belfius. Cela peut paraître bizarre, mais c'est comme cela. Travailler dans une banque était de loin la dernières de mes idées quand j'étais jeune. " Hormis peut-être le diplôme de cet ingénieur commercial (KULeuven) né en 1975, rien a priori ne prédestinait en effet Olivier Onclin à devenir banquier. Dans sa jeunesse, le Dilbeekois rêvait plutôt d'embrasser une carrière musicale. Tout en menant à bien ses études, il joue pendant plusieurs années comme batteur au sein de Rumplestitchkin, un groupe de rock alternatif. De bons souvenirs puisque la formation atteindra tout de même la finale du célèbre concours flamand Rock Rally en 1998, s'inclinant dans la dernière ligne droite devant un certain Das Pop. Grâce à cela, " nous avons été repérés à l'étranger, se souvient Olivier Onclin. Nous avons donné pas mal de concerts et sorti trois albums ". L'aventure dure jusqu'en 2006. Après avoir combiné travail et musique pendant quelques années, Olivier Onclin décide alors de dire adieu à Rumplestitchkin pour se consacrer totalement à sa carrière professionnelle, entamée chez Euroclear. Pourquoi Euroclear ? " Parce que c'est le premier job qui s'est présenté, confie ce parfait bilingue. L'entreprise m'intéressait : il y a avait pas mal de jeunes, un environnement dynamique, très international. C'est là que j'ai appris à connaître le monde financier. A nouveau, aussi bizarre que cela puisse paraître, on parlait peu des banques à la maison. " Chez Euroclear, Olivier Onclin occupe diverses fonctions opérationnelles dans le domaine du règlement-livraison, le coeur d'activité de la grande institution financière bruxelloise qui assure à la fois la rapidité et la sécurité des transactions sur titres ( le vendeur est sûr de recevoir son argent, l'acheteur de recevoir ses titres, Ndlr). Mais petit à petit, il cherche à bifurquer vers un job qui le rapproche du consommateur et de l'expérience-client au quotidien. C'est ainsi que, de fil en aiguille, après une petite dizaine d'années passées chez Euroclear, il est contacté pour travailler chez RBC Dexia au Luxembourg, filiale à 50% de l'ex-groupe bancaire franco-belge Dexia spécialisée dans les services aux investisseurs (services de banque dépositaire, administration de fonds, etc.). Mais là aussi, il se serait retrouvé dans la " plomberie ". " J'ai alors immédiatement dit que je préférais élargir mon regard et on a transmis mon C.V. à la maison mère à Bruxelles. Là, j'ai eu pour mission de réaliser une synergie internationale entre les entités du groupe Dexia, mais c'était impossible. Dexia était un amalgame de banques, de divisions et de pays. Je l'ai écrit dans une note, si bien que j'ai pratiquement tué mon propre travail. " Arrive alors la crise de 2008. Dexia connaît ses premiers problèmes, avant de totalement chavirer trois ans plus tard. Olivier Onclin vit de près la débâcle. " Ce fut la période la plus stressante de ma vie, nous confie-t-il. Il fallait rassurer les clients en permanence, je me souviens des discussions, c'était terrible. A tel point qu'un jour, je me suis rendu compte que je ne connaissais plus le code de ma carte pour faire le plein d'essence, et que je ne savais plus par coeur les numéros de téléphone de mes amis. Cela m'a marqué pour le reste de ma carrière. " Fin 2008, le sauvetage du groupe le voit néanmoins rebondir et prendre la direction des équipes opérationnelles des paiements au sein de l'ancienne Dexia Banque Belgique. C'est alors que commence son ascension vers les sommets de la banque, rachetée en 2011 par l'Etat avant ensuite d'être rebaptisée Belfius. Gravissant les échelons, Olivier Onclin devient d'abord directeur marketing public & wholesale banking en 2012. Une fonction qu'il assume jusqu'à sa nomination début 2015 comme chief operating officer (COO, directeur opérationnel), poussant du même coup la porte du comité de direction du groupe dirigé par Marc Raisière. C'est aussi à cette époque que ce passionné de nouvelles technologies se voit confier la responsabilité du lancement du Studio, département chargé de développer en interne des solutions digitales et de les vendre à des tiers (banques, opérateurs télécoms, etc.). " Avec des moyens relativement limités, précise-t-il, iPad à portée de main et costume slim fit impeccable, nous sommes arrivés à lancer quelques belles nouveautés comme Pengo dans le domaine des paiements, Brightknight dans la robotique des services financiers ou encore une plateforme de mobilité pour les écoles basée sur la technologie blockchain. Se montant à plus ou moins 5 millions d'euros, les revenus dégagés dans le cadre de cette activité sont désormais supérieurs aux investissements. " En tant que patron des activités de banque de détail de Belfius, poste où il remplace Dirk Vanderschrick parti lui se consacrer à la présidence du comité de direction de Belfius Insurance, la branche assurance du groupe, Olivier Onclin chapeaute désormais 5.000 personnes et 654 agences. Son ordre de mission à la tête d'un des deux moteurs de la banque : renforcer la complémentarité entre les canaux digitaux et le réseau des agents. " Le numérique est au coeur de l'approche client de Belfius pour les opérations bancaires quotidiennes, nous explique-t-il. D'où la nécessité de familiariser encore plus les clients avec nos applications mobiles. Dans le même temps, nous souhaitons recalibrer le rôle de nos agents en tant que personnes de confiance et conseillers dans les moments-clés de la vie de nos clients et de rendre ce rôle encore plus important. Le digital est un allié du réseau d'agents bancaires, c'est son ambassadeur. Il n'y a pas de cannibalisation de l'agence par le smartphone. " Et d'ajouter aussi que si la fonction de COO du groupe a été scindée en deux, c'est parce que " la bataille doit se gagner au niveau de l'expérience client. Raison pour laquelle chacun des deux métiers de la banque ( retail et public banking) devient maître de ses processus. Nous devons nous assurer que l'expérience client soit aussi bonne, si pas meilleure, que celle des Gafa ". Lorsqu'il n'enchaîne pas les réunions au sommet de la tour Rogier, quartier-général bruxellois du groupe Belfius, Olivier Onclin s'adonne alors aux joies de la course à pied, à raison de deux fois 10 kilomètres par semaine. Le peu de temps libres qui lui reste, ce père de deux jeunes enfants qui a épousé une Suédoise les consacre bien évidemment à sa petite famille. " A la maison, nous parlons trois langues ", glisse-t-il. Quant à son premier amour, la musique, il n'est jamais bien loin. " Le festival de Werchter est sacré ", conclut le jeune banquier.