La semaine dernière, lors de la présentation de son rapport annuel, la Banque nationale avait à nouveau averti des dangers d'emprunts trop risqués. "Nous ne sommes pas contents avec ce qui s'est passé", avait lâché son gouverneur Pierre Wunsch, avant d'avertir: "les banques disent qu'il y a beaucoup de concurrence sur le marché belge et qu'elles éprouvent dès lors des difficultés à augmenter leurs marges. Si cela se poursuit, nous ferons quelque chose".

Febelfin, la fédération du secteur financier, s'était ensuite dite favorable à des règles plus strictes en la matière. "L'auto-régulation ne fonctionne pas suffisamment sur ce plan", avait-elle relevé.

"La BNB a parfaitement joué son rôle", a réagi vendredi matin Marc Raisière. "Je préfère une approche pro-active du régulateur plutôt que réactive."

Le marché des crédits est sous pression en raison des refinancements ces dernières années et la persistance des taux d'intérêts bas. "Il vaut donc mieux accorder un crédit que de placer un dépôt à la Banque nationale", a justifié l'administrateur délégué. La Banque centrale européenne facture en effet des taux négatifs sur une partie du dépôt des banques auprès des banques centrales nationales.

Belfius se veut très prudente et reste fidèle à son profil à bas risque. Avec un taux de 0,49%, l'entreprise affiche ainsi le nombre le plus faible de défauts de paiement pour les crédits hypothécaires dans le secteur, assure-t-elle. "Nous avons stabilisé notre part de marché. En septembre, nous avons dit que nous ne participerions pas à cette guerre car ça n'a pas de sens", a rappelé Marc Raisière. Raison pour laquelle son entreprise se concentre désormais davantage sur les segments business et corporate plutôt que les hypothèques.

La part de marché auprès des clients particuliers est dès lors restée stable l'an dernier, à 15%. "Mais la rentabilité est sous pression", prévient la banque. Les crédits hypothécaires y ont tout de même progressé de 5,5 à 5,9 milliards d'euros. Si l'on ajoute les crédits à la consommation, on atteint un total de 6,8 milliards d'euros (+9%) sur le segment retail.