Aider un million de personnes à débuter en Bourse et être autonomes avec leur patrimoine, tel est l'objectif à la fois simple et ambitieux que s'est fixé Grégory Guilmin, un Namurois de 33 ans installé au Luxembourg pour des raisons familiales, dont le C.V. affiche une thèse de doctorat sur l'optimisation de portefeuille et plusieurs années comme analyste financier au service de familles fortunées.
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Aider un million de personnes à débuter en Bourse et être autonomes avec leur patrimoine, tel est l'objectif à la fois simple et ambitieux que s'est fixé Grégory Guilmin, un Namurois de 33 ans installé au Luxembourg pour des raisons familiales, dont le C.V. affiche une thèse de doctorat sur l'optimisation de portefeuille et plusieurs années comme analyste financier au service de familles fortunées. Un joli premier parcours dans le monde de la finance. Jusqu'à ce changement de cap professionnel opéré l'an dernier pour se lancer dans sa propre aventure entrepreneuriale. Motif? "Mes parents ont perdu de l'argent en Bourse, raconte sans fard Grégory Guilmin. La grand-mère de mon épouse ne savait pas investir en Bourse et me demandait de l'aider. Moi-même, j'ai perdu beaucoup d'argent entre 2013 et 2015. C'est pour ces raisons que j'ai effectué une thèse de doctorat sur le sujet et qu'ensuite, je me suis orienté vers l'analyse financière. En 2021, quand j'ai pris la décision de démissionner de mon poste de directeur au sein d'un multi- family office, je souhaitais mener à bien des projets me permettant de partager mes connaissances et de transmettre mes compétences au plus grand nombre." Ainsi est née La Bourse: Make it Easy, une plateforme en ligne qui a pour objectif de démystifier les investissements via divers outils gratuits (webinaires, fichiers Excel, une newsletter hebdomadaire, des e-mails types prêts à être envoyés à son banquier, etc.). En outre, Grégory Guilmin vient de publier son premier livre Bien débuter en Bourse, paru aux éditions Mardaga. Un guide pratique dans lequel il dévoile ses principes d'investissement ainsi que les bonnes questions à poser à son banquier pour bien placer son argent. A l'heure où le coût de la vie explose, poser cette première question est bien évidemment plus que jamais indispensable. Elle permet non seulement d'éviter les mauvaises surprises tarifaires mais aussi d'anticiper d'éventuels conflits d'intérêt, avance Grégory Guilmin. Il rappelle à ce propos que plusieurs types de frais existent: les frais directs (frais d'entrée, de sortie, de gestion, de courtage, droits de garde, etc.), les frais indirects (rétrocessions, c'est-à-dire les éventuelles commissions d'apporteur d'affaires des intermédiaires avec lesquels votre banquier travaille: fonds d'investissement, etc.) et, bien sûr, les taxes (précompte mobilier, TOB, etc.). "Idéalement, estime Grégory Guilmin, je dirais que l'ensemble ne doit pas dépasser 1,50% par an." Pour ce faire, il conseille de négocier avec son banquier. Voire, pourquoi pas, pour réduire les frais directs, de passer par les plateformes de trading en ligne du style Bolero, Keytrade Bank et autres Trade Republic, depuis peu disponible en Belgique. Quant aux frais indirects, il suggère pour les réduire de préférer les investissements dans des fonds passifs (ETF ou fonds indiciels) ou dans des fonds d'investissement qui proposent des clean share classes (sans commission de rétrocession). Face à la déroute des marchés des derniers mois, Grégory Guilmin privilégie plus que jamais également les conseillers en placement qui investissent eux-mêmes dans les solutions qu'ils proposent. Ici aussi, cela permet d'éviter d'éventuels conflits d'intérêt. Cela montre également, comme il le dit, si "le client et son conseiller mangent à la même table". En clair, s'il fait partie d'une grande institution financière, demandez-lui quelle est sa marge de manoeuvre par rapport aux lignes directrices du comité d'investissement. "La plupart du temps, dit Grégory Guilmin, il ne dispose pas d'une grande latitude et ses investissements ne peuvent dévier que de quelques pour cent par rapport aux choix de la banque. Si c'est possible, essayez de discuter avec lui de la composition de son portefeuille pour vous inspirer de ses idées et de ses réflexions. En pratique, je suis souvent surpris du peu de conseillers qui investissent dans les solutions de l'institution pour laquelle ils travaillent." Comme le souligne dans sa préface Etienne de Callataÿ, l'économiste et fondateur de la maison de gestion Orcadia, l'approche de Grégory Guilmin est doublement originale. "D'abord, il ose un langage simple, sans jargon ni formule financière, se distinguant de ceux qui cherchent bêtement à impressionner leurs lecteurs en utilisant un langage compliqué mâtiné de termes anglo-saxons. Ensuite, loin de tout académisme mais néanmoins fort d'une solide formation universitaire, il parle non de placements mais de ses placements, ce qui établit instantanément une grande proximité." Ensuite, il communique la valeur de son patrimoine, indique comment il est investi et surtout parle avec totale transparence de ses erreurs en matière de placements. "Voilà qui est salutaire et suscite la confiance, écrit encore Etienne de Callataÿ. Le bon gestionnaire n'est pas celui qui ne se trompe pas, c'est celui qui se trompe moins souvent." D'un fonds à l'autre, l'écart de performances net de frais pourra en effet facilement se monter à 1 à 2% année après année entre le bon gestionnaire et le gestionnaire moyen. Pour 100.000 euros, cela fait une différence de 1.000 à 2.000 euros par an, net d'impôt. D'où les questions suivantes à poser à son banquier, conseille Grégory Guilmin: quelle a été votre performance depuis le début de votre carrière? ou depuis trois, cinq et dix ans années, voire plus? comment votre portefeuille se comporte-t-il par rapport à un indice de référence? Mais que faire face à un bear market tel que celui que nous connaissons depuis le début de l'année? "Certains pensent que ce n'est pas le bon moment d'investir en Bourse, alors que tout vaut 15 à 20% moins cher qu'en début d'année. Autant dès lors profiter des soldes si vous avez un horizon de long terme", juge Grégory Guilmin. "Le pire ennemi des investisseurs, ce sont en effet les émotions, ajoute-t-il. Elles sont destructrices de valeur si on n'arrive pas à les gérer. Les krachs boursiers sont normaux, ils font partie de l'histoire et personne ne peut les prédire." Grégory Guilmin relève à ce propos dans son livre quelques statistiques assez parlantes. Par exemple, les marchés américains ont subi 36 krachs entre 1900 et 2021, c'est-à-dire environ tous les trois ou quatre ans. En moyenne, les krachs durent 10 mois. Et les périodes haussières 33 mois. Dit autrement, avance le jeune financier, "si vous voulez profiter de la croissance boursière à long terme, vous devez bien vous connaître pour déterminer votre tolérance à des épisodes de forte volatilité. Votre gestionnaire n'est peut-être pas le meilleur mais comment se comporte-t-il durant des périodes très volatiles? Certaines personnes préfèrent un gestionnaire qui gère le risque plutôt que la performance." Plus largement, Grégory Guilmin est de ceux qui ne croient pas au market timing, ce doux rêve qui consiste à penser pouvoir investir en Bourse au bon moment (généralement au plus bas) et à vendre au bon moment (c'est-à-dire au plus haut), juste avant un krach. "La volatilité fait partie du jeu. Des moments de baisse sont donc inévitables. Mais personne n'a de boule de cristal et n'est capable de prédire les crises, et donc un futur krach boursier." Non, ce qui compte, selon Grégory Guilmin, c'est la philosophie d'investissement à long terme de votre gestionnaire. Dit autrement, "mieux vaut éviter de procéder à des achats d'actions sans stratégie au gré des avis des soi-disant gourous, des nombreux articles de presse, etc. Si vous ratez des journées où la Bourse gagne 5%, voire 10%, comme c'était le cas fin mars et avril 2020, c'est extrêmement dommageable pour votre portefeuille. Sur les 20 dernières années, en passant à côté des 10 meilleurs jours de Bourse, votre rendement serait passé de 6% à 2,5%. Mon livre n'a pas pour but de rendre le lecteur millionnaire mais simplement de lui donner une bonne idée des comportements à adopter tout en gardant à l'esprit qu'il est utopique vouloir battre les marchés", conclut Grégory Guilmin.