C’est la crise, sauf pour les banquiers

KBC, la banque pilotée par Johan Thijs, a engrangé un chiffre d'affaires de 2 milliards d'euros sur les neuf premiers mois de l'année. © belgaimage
Sebastien Buron
Sebastien Buron Journaliste Trends-Tendances

Les banquiers ne voient pas encore la crise dans leurs comptes. Merci les taux! Mais gare au début 2023.

La première banque de la zone euro BNP Paribas qui dégage un bénéfice net de 8 milliards d’euros depuis le début d’année ; la deuxième banque italienne UniCredit qui voit son résultat grimper de plus de 60% au troisième trimestre ; Deutsche Bank qui publie son neuvième trimestre d’affilée dans le vert…

En général, les grandes banques ont réalisé de bons résultats au terme des neuf premiers mois de cette année. Dernier exemple (belgo-belge) en date: KBC. Malgré neuf mois de guerre, le bancassureur belge a enregistré sur le troisième trimestre un bénéfice net de 776 millions d’euros, nettement supérieur à celui d’il y a un an (601 millions). Au total, pour les neuf premiers mois de l’année, les profits du groupe piloté par Johan Thijs s’élèvent à 2 milliards d’euros.

Pas encore…

A l’image des autres grandes institutions bancaires de la zone euro, KBC profite surtout de la remontée des taux. Ces derniers ont fait bondir les revenus d’intérêt du bancassureur à hauteur de… 17%! D’un autre côté, l’environnement économique chahuté par les effets de la guerre en Ukraine n’a pas encore d’impact sur le portefeuille de crédits. Selon Johan Thijs, interrogé par nos confrères de L’Echo en marge de la publication des résultats trimestriels de KBC, la situation est difficile pour les ménages et les entreprises, mais pas autant qu’on ne l’imagine.

Il est vrai que depuis le début de la crise énergétique, KBC n’a reçu que 800 demandes de report de paiement sur un total de 460.000 crédits hypothécaires. Au total, la mesure d’aide des banques consistant à proposer aux ménages touchés par la crise de l’énergie un report de paiement de leur crédit immobilier n’a d’ailleurs été octroyée qu’à 5.000 ménages, selon la fédération du secteur bancaire (Febelfin). Mais attention, car seuls les ménages qui ont moins de 10.000 euros d’épargne mobilisable ont éventuellement droit à la suspension de leur crédit. Lors de la crise du covid, le seuil avait été fixé à 25.000 euros. N’oublions pas non plus, outre l’automne clément, que pas mal d’entreprises ont pu répercuter la hausse des prix auprès de leurs clients. Mais qu’en sera-t-il en janvier prochain, lorsque l’indexation des salaires sera de 10%? Si les choses vont encore bien pour le moment et si nos banquiers n’observent pas encore la crise dans leurs comptes, rien ne dit donc que ce sera toujours le cas début de l’an prochain.

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