TRENDS-TENDANCES. Faut-il s'attendre à une série de restructurations dans le secteur financier ?

BRUNO COLMANT. J'en suis convaincu et je l'avais prédit. Depuis la crise de 2008, qui a pourtant conduit les Etats, donc les contribuables, à sauver le système financier, les choses ont profondément changé. Le climat de récession et de déflation a conduit les autorités monétaires à abaisser les taux d'intérêt au plus bas depuis l'aube de l'humanité. La matière première du secteur financier, c'est-à-dire la marge d'intermédiation, se dissout. Le pouls de l'activité financière se ralentit donc dangereusement. Parallèlement, la numérisation conduit à remplacer les circuits humains par des processus informatiques. Désormais, il n'est plus question de superposer les canaux de distribution, mais de les remplacer. Et tout ce qui est automatisable sera numérisé. Dans quelques années, la banque de détail sera assimilable à un site internet convivial. Mais il y a pire : les institutions financières qui n'ont pas atteint un stade suffisant de numérisation ne pourront pas se restructurer. L'emploi n'est donc que temporairement protégé dans les institutions les moins performantes. Vu sous un autre angle, on peut aussi affirmer que le coût du travail oblige à automatiser.
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