La perquisition a commencé tôt mercredi dans les locaux de la banque à Sundbyberg, dans l'agglomération stockholmoise, et semblait se poursuivre à la mi-journée, selon un journaliste d'AFPTV.

Peu avant 15H00 GMT à la Bourse de Stockholm, Swedbank perdait 10,9% à 155,9 couronnes. Le titre s'est déprécié de 25% depuis le 18 février, veille des premières révélations sur les soupçons de blanchiment pesant sur le groupe financier.

La banque est soupçonnée d'avoir favorisé ses 15 plus importants actionnaires en les alertant sur des révélations de la télévision publique SVT deux jours avant la diffusion fin février de son émission d'investigation mettant au jour les soupçons de blanchiment.

Ces actionnaires "ont eu accès à des informations sensibles relatives au cours de bourse avant les autres actionnaires et ont pu agir sur cette base", expliquait mercredi SVT.

La chaîne avait révélé l'existence de documents montrant qu'au moins 40 milliards de couronnes (3,8 milliards d'euros), provenant de cinquante clients de Swedbank "à risque", auraient transité par les Etats baltes depuis des comptes Swedbank.

Selon SVT, un grand nombre de transactions jugées suspectes ont eu lieu entre 2007 et 2015, dont une partie aurait transité entre Swedbank et Danske Bank. Cette dernière est prise dans un scandale de blanchiment retentissant et qui fait depuis l'objet de plusieurs enquêtes au Danemark mais aussi au Royaume-Uni.

"Aucune décision n'est prise quant à l'ouverture d'une enquête (pénale) sur le blanchiment" à ce stade, a rappelé mercredi le procureur Per Håkan Larsson, interrogé par l'agence de presse TT.

De son côté, la banque assurait mercredi midi qu'à "l'heure actuelle, aucune personne physique ou morale ne s'est vue notifier de soupçons d'infractions. Comme communiqué précédemment, nous coopérerons avec les autorités".

- Enquête ouverte à New York -

Dans de nouvelles révélations publiées mardi, SVT affirme que Swedbank a manqué à ses obligations en matière de lutte contre le blanchiment d'argent.

Selon l'auteur d'un rapport consulté par la chaîne de télévision, les clients de Swedbank considérés comme étant "à haut risque (...) n'auraient jamais dû être acceptés" et, dans certains cas, la banque "ne savait même pas qui était le propriétaire réel des comptes ni d'où venait l'argent".

Swedbank a déclaré que ce rapport a été inclus dans une enquête externe qu'elle a commanditée.

Mercredi, SVT a également indiqué que Swedbank n'aurait pas fourni toutes les informations nécessaires aux autorités américaines dans le cadre du scandale des "Panama Papers".

D'après les médias suédois, le régulateur des services financiers de l'Etat de New York (DFS), connu pour infliger des amendes importantes aux grandes banques, a ouvert une enquête.

Après le scandale révélé en 2016, le FDS avait demandé à des dizaines de banques dans le monde de déclarer les clients de leur succursales américaines soupçonnés d'avoir des liens avec le cabinet d'avocats panaméens Mossack Fonseca.

En avril 2016, il a envoyé une première lettre en ce sens au bureau de Swedbank à New York.

SVT a pu consulter la correspondance entre le DFS et Swedbank. Or cette dernière, selon les journalistes, a "trompé" la DFS en dissimulant l'existence de clients douteux alors que plus de "100 entreprises liées à Mossack Fonseca ont réalisé des transactions via Swedbank".