Plusieurs économistes, et non des moindres, lui reprochent de tuer la croissance européenne pour nous sauver de l'inflation. Autrement dit, on reproche à la banque centrale européenne de provoquer un mal encore plus terrible que celui qu'elle veut nous éviter. Un économiste comme Jacques Attali pense même que cette hausse des taux d'intérêt est une immense erreur historique.

Pour se justifier, il donne plusieurs arguments pour démontrer son scénario catastrophe. D'abord, dit-il, cette hausse de taux va augmenter la charge de notre dette publique, en privant nos Etats des recettes nécessaires pour financer leurs activités. Ensuite, cette hausse des taux va apporter des surprofits aux assureurs qui seront, selon lui, au moins aussi illégitimes que les superprofits des compagnies pétrolières. Et comme si ce n'était pas assez, il estime que cette hausse des taux d'intérêt va enrichir les rentiers au détriment des travailleurs et donc cela va encore plus creuser les inégalités. Et l'argument suprême selon lui, c'est que nous avons besoin de taux d'intérêt très bas pour financer nos projets de transition écologique. En clair, nous avons besoin de taux d'intérêt très bas pour passer de l'économie de la mort - celle des énergies fossiles - à ce qu'il appelle l'économie de la vie.

Bon, bous l'avez compris, être banquier central aujourd'hui, c'est prendre le risque d'être critiqué pour vos décisions. Les banques centrales sont peuplées d'économistes brillants, souvent parmi les meilleurs, mais ici, elles ont toutes été critiquées et pas qu'en Europe. On leur a surtout reproché de ne pas avoir vu l'inflation arriver. Et puis quand elle est arrivée, les économistes de banques centrales ont estimé que c'était momentané - juste une bosse sur un graphique. Ensuite, et ce n'est que bien plus tard que ces mêmes économistes des banques centrales se sont rendus compte que l'inflation était là et même très virulente. C'est la raison pour laquelle Jacques Attali a intitulé son article : à quoi servent les banques centrales ?

Cela m'a fait penser à une histoire vraie racontée sur BFM Business par l'économiste Jean-Marc Daniel. Cela se passe en Italie : des géologues sont inculpés, par des juges italiens qui leur reprochent de ne pas avoir prévu un tremblement de terre, avec hélas des tas de morts à la clé. Les géologues se défendent en disant qu'ils ne peuvent pas prévoir les tremblements de terre. Donc qu'ont fait les juges italiens ? Ils ont changé de motif d'inculpation, ils n'ont plus accusé ces géologues de complicité de mort mais de détournement de fonds publics. Autrement dit, les juges ont dit aux géologues puisque vous ne servez à rien, vous détournez en quelques sortes les deniers publics. Changez le mot "géologues" par ce que vous voulez et je vous assure une chouette discussion autour de la machine à café aujourd'hui.

Plusieurs économistes, et non des moindres, lui reprochent de tuer la croissance européenne pour nous sauver de l'inflation. Autrement dit, on reproche à la banque centrale européenne de provoquer un mal encore plus terrible que celui qu'elle veut nous éviter. Un économiste comme Jacques Attali pense même que cette hausse des taux d'intérêt est une immense erreur historique. Pour se justifier, il donne plusieurs arguments pour démontrer son scénario catastrophe. D'abord, dit-il, cette hausse de taux va augmenter la charge de notre dette publique, en privant nos Etats des recettes nécessaires pour financer leurs activités. Ensuite, cette hausse des taux va apporter des surprofits aux assureurs qui seront, selon lui, au moins aussi illégitimes que les superprofits des compagnies pétrolières. Et comme si ce n'était pas assez, il estime que cette hausse des taux d'intérêt va enrichir les rentiers au détriment des travailleurs et donc cela va encore plus creuser les inégalités. Et l'argument suprême selon lui, c'est que nous avons besoin de taux d'intérêt très bas pour financer nos projets de transition écologique. En clair, nous avons besoin de taux d'intérêt très bas pour passer de l'économie de la mort - celle des énergies fossiles - à ce qu'il appelle l'économie de la vie.Bon, bous l'avez compris, être banquier central aujourd'hui, c'est prendre le risque d'être critiqué pour vos décisions. Les banques centrales sont peuplées d'économistes brillants, souvent parmi les meilleurs, mais ici, elles ont toutes été critiquées et pas qu'en Europe. On leur a surtout reproché de ne pas avoir vu l'inflation arriver. Et puis quand elle est arrivée, les économistes de banques centrales ont estimé que c'était momentané - juste une bosse sur un graphique. Ensuite, et ce n'est que bien plus tard que ces mêmes économistes des banques centrales se sont rendus compte que l'inflation était là et même très virulente. C'est la raison pour laquelle Jacques Attali a intitulé son article : à quoi servent les banques centrales ? Cela m'a fait penser à une histoire vraie racontée sur BFM Business par l'économiste Jean-Marc Daniel. Cela se passe en Italie : des géologues sont inculpés, par des juges italiens qui leur reprochent de ne pas avoir prévu un tremblement de terre, avec hélas des tas de morts à la clé. Les géologues se défendent en disant qu'ils ne peuvent pas prévoir les tremblements de terre. Donc qu'ont fait les juges italiens ? Ils ont changé de motif d'inculpation, ils n'ont plus accusé ces géologues de complicité de mort mais de détournement de fonds publics. Autrement dit, les juges ont dit aux géologues puisque vous ne servez à rien, vous détournez en quelques sortes les deniers publics. Changez le mot "géologues" par ce que vous voulez et je vous assure une chouette discussion autour de la machine à café aujourd'hui.