Le secteur bancaire (Febelfin), nos deux gendarmes financiers (la Banque nationale de Belgique et la FSMA), Assuralia (le secteur des assurances) et la CTIF (la cellule qui traque l'argent sale) ont décidé de renforcer leur collaboration en matière de lutte contre le blanchiment d'argent et de lancer ce qu'ils appellent une plateforme de concertation. Baptisée AML (pour Anti-Money Laun...

Le secteur bancaire (Febelfin), nos deux gendarmes financiers (la Banque nationale de Belgique et la FSMA), Assuralia (le secteur des assurances) et la CTIF (la cellule qui traque l'argent sale) ont décidé de renforcer leur collaboration en matière de lutte contre le blanchiment d'argent et de lancer ce qu'ils appellent une plateforme de concertation. Baptisée AML (pour Anti-Money Laundering, en référence à la directive anti-blanchiment AML), celle-ci doit permettre aux différents acteurs du secteur de collaborer davantage avec les autorités publiques (dont le SPF Finances) sur le terrain de la chasse à l'argent sale. Chasse qui a vu l'an dernier les banques dénoncer près de 18.000 opérations suspectes à la CTIF, soit plus de la moitié des dossiers de blanchiment transmis aux autorités judiciaires. L'objectif de la plateforme est double. D'une part, il s'agit d'échanger des informations sur les nouveaux risques liés au blanchiment d'argent observés au niveau national, européen et international. Quelles sont les nouvelles tendances, quelles sont les nouvelles méthodes utilisées par les organisations criminelles, etc.? D'autre part, il s'agit d'aller plus loin dans l'échange de données relatives aux clients et au contrôle de leur identité (particuliers et entreprises), ce qu'on appelle dans le jargon le KYC (Know Your Customer). En effet, si elles travaillent sur le développement d'un tel système d'échange de données, les banques ne sont, à ce jour, pas autorisées à partager entre elles en toutes circonstances des informations sur des transactions ou des clients suspects. Pour que cette possibilité soit ouverte, un cadre juridique est nécessaire. D'où la création de cette plateforme de concertation censée également contribuer au développement d'un tel cadre.