Aux Etats-Unis, les sociétés de "private equity" ont investi l'année dernière 1.200 milliards de dollars, soit 50% de plus que le précédent record de 2019, selon une étude annuelle du cabinet PitchBook, publiée cette semaine.

Il y a eu un rattrapage de l'année 2020 entachée par la pandémie de Covid-19 mais ce sont davantage l'abondance de liquidités et les opportunités de marché qui ont motivé les plus de 8.600 transactions effectuées.

Même année "exceptionnelle" en Europe où les prises de participation dans le non coté ont bondi de près de 60% pour atteindre 754,5 milliards d'euros.

Le capital-investissement consiste à investir des fonds, levés auprès d'investisseurs professionnels, dans des entreprises non cotées dans le but d'effectuer une plus-value au moment de la revente, plusieurs années après.

En devenant un actionnaire plus important que les détenteurs de quelques actions, les sociétés de capital-investissement ont une "forte capacité de transformation des entreprises", souligne Dominica Adam, responsable du développement durable dans la société d'investissement Apax Partners.

Elle affirme que les enjeux ESG ont un rôle central dans toutes les phases de l'investissement: du choix de l'entreprise-cible qui passera une batterie d'audits de pré-acquisition à l'élaboration des projets de long terme, en passant par les affaires courantes lors de chaque conseil d'administration.

"La prise en compte des enjeux ESG est vraiment entrée dans les pratiques de marché", estime Sylvain Lamber, chez PwC, soulignant une "forte montée en puissance sur ces sujets" avec le Covid-19 et deux pays en pointe, la France et le Royaume-Uni.

"Dans ces deux pays, les bailleurs de fonds, ceux qui fournissent l'argent au private equity, sont des grands acteurs -- banques, assurances, fonds de pension -- qui ont leurs propres valeurs et ont amené la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) dans les choix d'investissements", explique-t-il.

Aux Etats-Unis, le mouvement suit son cours mais en décalage: le rapport Pitchbook note qu'après les engagements pris en 2020 et 2021 par des poids lourds comme BlackRock et KKR, les principes ESG et les investissements à impact "sont devenus encore plus pertinents" l'année dernière.

Pour les experts du secteur, il y a un changement clair dans les pratiques. Si, en 2016, l'ESG était regardé afin de se conformer à la réglementation, aujourd'hui la motivation est plus concrète: une entreprise durable se vend plus cher, et la "création de valeur" est devenue la principale motivation des gérants, selon une étude de PwC.

"Dans l'esprit des investisseurs, l'ESG est vraiment devenu synonyme de création de valeur. Une entreprise attrayante et qui fonctionne bien ne peut pas être une entreprise avec de mauvaises performances ESG", souligne Sylvain Lambert.

Pour l'instant, il n'y a pas de réelle méthode pour quantifier cette création de valeur liée à l'ESG, ultime obstacle probable pour convaincre les derniers gérants restés à côté de ce sujet.

Aux Etats-Unis, les sociétés de "private equity" ont investi l'année dernière 1.200 milliards de dollars, soit 50% de plus que le précédent record de 2019, selon une étude annuelle du cabinet PitchBook, publiée cette semaine. Il y a eu un rattrapage de l'année 2020 entachée par la pandémie de Covid-19 mais ce sont davantage l'abondance de liquidités et les opportunités de marché qui ont motivé les plus de 8.600 transactions effectuées. Même année "exceptionnelle" en Europe où les prises de participation dans le non coté ont bondi de près de 60% pour atteindre 754,5 milliards d'euros. Le capital-investissement consiste à investir des fonds, levés auprès d'investisseurs professionnels, dans des entreprises non cotées dans le but d'effectuer une plus-value au moment de la revente, plusieurs années après. En devenant un actionnaire plus important que les détenteurs de quelques actions, les sociétés de capital-investissement ont une "forte capacité de transformation des entreprises", souligne Dominica Adam, responsable du développement durable dans la société d'investissement Apax Partners. Elle affirme que les enjeux ESG ont un rôle central dans toutes les phases de l'investissement: du choix de l'entreprise-cible qui passera une batterie d'audits de pré-acquisition à l'élaboration des projets de long terme, en passant par les affaires courantes lors de chaque conseil d'administration. "La prise en compte des enjeux ESG est vraiment entrée dans les pratiques de marché", estime Sylvain Lamber, chez PwC, soulignant une "forte montée en puissance sur ces sujets" avec le Covid-19 et deux pays en pointe, la France et le Royaume-Uni. "Dans ces deux pays, les bailleurs de fonds, ceux qui fournissent l'argent au private equity, sont des grands acteurs -- banques, assurances, fonds de pension -- qui ont leurs propres valeurs et ont amené la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) dans les choix d'investissements", explique-t-il. Aux Etats-Unis, le mouvement suit son cours mais en décalage: le rapport Pitchbook note qu'après les engagements pris en 2020 et 2021 par des poids lourds comme BlackRock et KKR, les principes ESG et les investissements à impact "sont devenus encore plus pertinents" l'année dernière. Pour les experts du secteur, il y a un changement clair dans les pratiques. Si, en 2016, l'ESG était regardé afin de se conformer à la réglementation, aujourd'hui la motivation est plus concrète: une entreprise durable se vend plus cher, et la "création de valeur" est devenue la principale motivation des gérants, selon une étude de PwC. "Dans l'esprit des investisseurs, l'ESG est vraiment devenu synonyme de création de valeur. Une entreprise attrayante et qui fonctionne bien ne peut pas être une entreprise avec de mauvaises performances ESG", souligne Sylvain Lambert. Pour l'instant, il n'y a pas de réelle méthode pour quantifier cette création de valeur liée à l'ESG, ultime obstacle probable pour convaincre les derniers gérants restés à côté de ce sujet.