Ageas n'est pas seulement le principal assureur belge, fort de 45.000 employés présents en Belgique, en Europe et en Asie. C'est aussi l'héritier du défunt groupe Fortis dont il a fallu assumer le legs difficile.
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Ageas n'est pas seulement le principal assureur belge, fort de 45.000 employés présents en Belgique, en Europe et en Asie. C'est aussi l'héritier du défunt groupe Fortis dont il a fallu assumer le legs difficile. Mais les malheurs de Fortis sont désormais loin. La chambre du conseil vient en effet de décider de prescrire les charges contre Fortis (et donc son héritier Ageas) dans le volet pénal. A moins d'une procédure d'appel, le volet judiciaire de cette longue saga de 12 ans est quasiment clos. Bart De Smet, le CEO qui a piloté le groupe d'assurance à partir de 2009, peut donc partir la conscience en paix. Il quitte la gestion opérationnelle (son rôle sera repris par Hans de Cuyper), pour présider le conseil d'administration. Une décision qui devra encore être avalisée par les actionnaires, qui tiendront une assemblée le 22 octobre prochain. Cette passation de pouvoir devrait s'effectuer dans le calme et la sérénité car les derniers résultats du groupe sont excellents malgré les circonstances. Son bénéfice net au deuxième trimestre a atteint 339 millions d'euros. Certes, c'est une baisse de 4,3% par rapport au deuxième trimestre 2019, mais ce repli est une peccadille vu le choc économique actuel. Une des raisons de cette excellente performance est paradoxalement liée au Covid. Puisqu'une grande partie du monde a été confinée, les demandes d'indemnisation dans l'assurance automobile ont fortement diminué. Du coup, la branche non-vie d'Ageas a enregistré au deuxième trimestre un bénéfice de plus de 157 millions d'euros, en hausse de 94% sur un an. Le Covid n'a pas non plus entamé la solidité du groupe. Son ratio de solvabilité a certes un peu chuté (- 4 %) pour atteindre 192%, mais il reste bien au-delà des 175%, objectif qu'Ageas s'est assigné. L'épidémie n'a pas non plus ralenti les plans de développement du groupe qui, en août, a renforcé sa participation dans le réassureur indien IFLIC et a déboursé 340 millions d'euros pour prendre 25% du réassureur chinois Taiping Re. Tout cela fait qu'Ageas estime qu'il pourrait finalement réaliser l'objectif de résultat annuel (compris entre 850 et 950 millions) que l'assureur s'était assigné avant l'épidémie. Et comme tout va bien aux niveaux bilantaire et opérationnel, Ageas a même proposé (ce sera à l'assemblée des actionnaires du 22 octobre de l'accepter ou non) d'ignorer les recommandations de la Banque nationale et de distribuer malgré tout un dividende à l'automne, qui devrait atteindre 2,38 euros par action. Cette résilience et ces perspectives jettent évidemment un éclairage flatteur sur Ageas. Au point qu'un groupe d'investisseurs belges a tenté de lancer une OPA sur l'assureur, a révélé l'agence Bloomberg. Ce groupe d'investisseurs, BE Group, parmi lesquels on trouve Mark Pensaert (un ancien de Lazard et de Leonardo et aujourd'hui administrateur chez Rabobank) et Alexandre Kartalis (un ancien de Merrill Lynch et Credit Suisse, aujourd'hui directeur auprès d'Advanced Credit Solutions) a toutefois été rejeté par Ageas qui, dans un communiqué, a confirmé "avoir été approché récemment par des représentants du groupe BE avec une offre indicative et hautement conditionnelle sur Ageas". L'assureur précise que son conseil d'administration "a évalué la proposition indicative mais l'a jugée peu réaliste et a décidé de ne pas y donner suite".