Avenue Louise, numéro 81, à Bruxelles. Cela fait maintenant 15 ans que Lombard Odier s'est installé sur la prestigieuse artère bruxelloise, dans des bureaux situés à deux pas de l'ancien hôtel Conrad. C'était dans la foulée de la toute première déclaration libératoire unique (DLU) de 2004, mise sur pied à l'époque par le ministre des Finances Didier Reynders (MR).
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Avenue Louise, numéro 81, à Bruxelles. Cela fait maintenant 15 ans que Lombard Odier s'est installé sur la prestigieuse artère bruxelloise, dans des bureaux situés à deux pas de l'ancien hôtel Conrad. C'était dans la foulée de la toute première déclaration libératoire unique (DLU) de 2004, mise sur pied à l'époque par le ministre des Finances Didier Reynders (MR). Comme d'autres banques suisses (UBS et Rothschild), Lombard Odier traversait alors les frontières pour avoir pignon sur rue à Bruxelles, accompagner ainsi ses clients belges ayant décidé de rapatrier tout ou partie de leur fortune et y développer un marché prometteur. Quinze ans après cette implantation officielle chez nous, le très discret banquier suisse est donc toujours là et loge toujours à la même adresse. Les lieux n'ont quasiment pas changé. Le décor et l'ambiance respirent toujours autant le haut de gamme. L'entité n'est pourtant plus tout à fait la même. La succursale est désormais dirigée par Xavier Bonna (un des descendants des familles fondatrices du groupe Lombard Odier) et Yves Dumon (un ancien de Delen). Côté effectifs, l'équipe s'est étoffée et compte désormais une trentaine de personnes. Quant au portefeuille de la succursale, il totaliserait, selon les estimations du marché, environ un millier de clients, surtout des grandes familles et des entrepreneurs. Avec bien sûr, comme point commun, un patrimoine qui dépasse le million d'euros, ticket d'entrée minimum oblige. "Lombard Odier est une banque d'entrepreneurs pour les entrepreneurs, plante Xavier Bonna. Le groupe est entièrement détenu par ses sept associés-gérants. Il n'y a aucun actionnaire externe en dehors d'eux, ce qui fait que leur vision à long terme est alignée avec les intérêts des clients. Ils sont véritablement présents au quotidien, rencontrent les clients et travaillent sur nos différentes lignes de métier de la même manière que tous les autres employés de la banque. C'est en grande partie la raison pour laquelle nous accompagnons surtout des grandes familles que nous suivons depuis plusieurs générations et des entrepreneurs, y compris en Belgique, et que nous avons pu traverser 40 crises financières en 224 ans d'existence." La Belgique est en effet depuis de nombreuses années considérée par le siège genevois du groupe comme "un marché primordial et pionnier sur lequel nous avons envie d'investir et de nous projeter dans le futur", souligne Xavier Bonna. La meilleure preuve en est que Lombard Odier continue d'y renforcer ses équipes de gestion : quatre chargés de relation seniors ont été ainsi engagés au cours des 18 derniers mois. Résultat des courses, "notre objectif de croissance de 5% par an des avoirs sous gestion est largement atteint lors des trois dernières années, indique Xavier Bonna. Nous disposons à présent d'une belle base de clientèle. Celle-ci est pour l'essentiel belge et se situe pour beaucoup en Flandre." En clair, le bureau bruxellois ne s'est pas contenté de gérer les acquis depuis son arrivée chez nous. Au fil des années, "nous avons pu grandir au-delà des DLU et développer véritablement le marché onshore", confirme Xavier Bonna. Et cela, alors que le marché belge de la gestion de patrimoine n'a jamais été aussi compétitif. La fin du secret bancaire a en effet rebattu les cartes. Tout le monde est désormais logé à la même enseigne. Avec, en plus, des marges fortement sous pression et des grandes banques à réseau qui se montrent très actives sur le créneau. N'est-il dès lors pas temps d'ouvrir un deuxième bureau en Belgique, histoire de se rapprocher de cette clientèle d'entrepreneurs flamands et de préserver ses parts de marché ? "C'est une piste qui est envisagée, indique Yves Dumon. Nous sommes ambitieux et nous voulons encore grandir. Mais pas à n'importe quel prix. Après 15 ans de présence sur le marché belge, nous avons prouvé que nous étions ici pour rester, ce qui crée un bouche à oreille positif et, aujourd'hui, une sorte de momentum. Ouvrir ou pas un deuxième bureau en Flandre est une question à laquelle nous allons devoir répondre après la crise du Covid. Il faudra voir dans quelle mesure le contact physique restera la manière la plus efficace pour servir au mieux notre clientèle. Ce qui est sûr, c'est que la technologie nous aide aujourd'hui à rester très proche des clients : notre plateforme digitale My LO a vu le nombre de ses connexions augmenter de 50% au cours des derniers mois." C'est que depuis de nombreuses années déjà, "nous investissons dans le développement de notre propre plateforme technologique et gérons désormais une seule et même infrastructure globale, offrant à nos clients un outil sécurisé et puissant au service de leur gestion, ajoute Xavier Bonna. Sur les 2.500 employés que compte le groupe Lombard Odier, il y en a 700 qui font tourner la plateforme technologique, ce qui nous offre une certaine flexibilité et une certaine réactivité dans la manière d'appréhender, par exemple, des changements fiscaux ou réglementaires comme MiFID II. Cette activité est même devenue génératrice de revenus pour le groupe. Nous vendons les services de notre plateforme à certains de nos concurrents, dont certains en Belgique comme Puilaetco ou Degroof Petercam ( pour sa division " asset management", Ndlr). " Ce qui explique enfin la percée de la maison chez nous, c'est aussi, selon Yves Dumon, son service sur mesure (pour des frais s'élevant à 1 % des avoirs confiés en gestion, Ndlr). "Alors que la tendance est à la standardisation des offres, cette approche dynamique est très importante. Chaque client a des exigences et des objectifs différents. L'objectif est de construire des portefeuilles qui répondent le mieux à ses besoins. Pour ce faire, nous pouvons utiliser toutes les classes d'actifs et un grand nombre de véhicules différents au sein de celles-ci. Vous retrouverez souvent du franc suisse dans nos portefeuilles, du yen japonais..." Quant au côté international du groupe, "il apporte quelque chose de différent, une proximité avec des marchés que ne couvrent pas forcément nos concurrents et qui, à côté de l'héritage suisse, suscite un certain intérêt auprès des clients", conclut Xavier Bonna.