Où est passé le smartphone 100 % américain officialisé par Donald Trump et ses fils en juin 2025 ? Six mois plus tard, alors que la nouvelle année s’installe, l’appareil se fait toujours attendre. Pire : les ambitions initiales ont été nettement revues à la baisse et la fenêtre de lancement est toujours aussi floue.
Un smartphone « 100 % américain » vendu à moins de 500 dollars. Voilà la promesse formulée en juin dernier par Donald Trump, entouré de ses fils Eric et Donald Trump Jr., depuis la Trump Tower de New York. L’annonce coïncidait avec le 10ᵉ anniversaire de la déclaration de candidature de Donald Trump à l’élection présidentielle de 2016. Elle s’accompagnait également du lancement d’un service de téléphonie mobile, Donald Mobile.
Très vite pourtant, le calendrier s’est brouillé. Initialement évoquée pour août – voire septembre, sans que la communication ne soit réellement claire –, la sortie du smartphone a été repoussée, jusqu’à une vague promesse d’un lancement « plus tard cette année ». Un message qui figure toujours sur le site officiel, alors même que nous sommes désormais en 2026.
Un retard que le service client de Trump Mobile a justifié au Financial Times par la paralysie du gouvernement fédéral. Un argument crédible, puisque d’autres appareils se sont retrouvé dans la même situation, faute de leur certification auprès de la FCC, empêchant leur commercialisation sur le territoire américain, dont le OnePlus 15. Depuis, la situation s’est débloquée pour l’ensemble du secteur… sauf pour le T1 Phone.
Mais encore aujourd’hui, le futur du téléphone Trump semble nébuleux.
Moins américain qu’annoncé
Dès l’annonce initiale, experts et observateurs du marché s’étaient montrés sceptiques. La promesse d’un smartphone véritablement « 100 % américain » paraissait en effet difficilement tenable. Si l’assemblage d’appareils sur le sol américain reste envisageable – mais pas à ce prix -, l’écrasante majorité des composants – processeurs, écrans, capteurs – est produite en Asie. Comment Donald Trump et ses fils auraient-ils pu relever un tel défi industriel en quelques mois seulement ?
L’annonce intervenait dans un contexte particulier : Donald Trump multipliait alors les attaques contre des géants comme Apple et Samsung, accusés de dépendre excessivement de la Chine pour leur production. Mais devenir soi-même fabricant et distributeur de smartphones, tout en revendiquant un positionnement 100 % américain, s’avère bien plus complexe que dénoncer les chaînes d’approvisionnement de ses concurrents.
Ironie de la situation, Trump Mobile a même proposé, sur son site, des smartphones reconditionnés… signés Apple et Samsung. Un symbole, peut-être, des limites très concrètes d’une promesse qui se voulait avant tout politique.
La réalité a fini par rattraper la communication. Après seulement quelques mois, la Trump Organization, qui chapeaute Trump Mobile à l’origine du T1 Phone, a discrètement revu ses engagements à la baisse. La promesse d’un smartphone entièrement américain s’est transformée en un objectif plus lointain : une production qui serait réalisée « à terme » aux États-Unis, a concédé Eric Trump.
La mention « Made in USA » a quant à elle disparu du site officiel, remplacée par un slogan nettement plus flou : « Performance premium, proudly American ». Il est désormais question d’un appareil conçu dans le respect des « valeurs américaines », sans davantage de précisions.
Les ambitions techniques ont, elles aussi, été revues à la baisse, tout en restant particulièrement floues. Aucun composant n’est clairement identifié, laissant le champ libre à toutes les suppositions quant à leur origine. Et, de fait, il y a fort à parier qu’ils proviennent majoritairement de Chine. Déjà à l’époque, des experts interrogés par CNN affirmaient que le Trump Phone présentait de très fortes similitudes avec des modèles chinois existants, commercialisés à moins de 200 dollars — parfois autour de 160 dollars — sur Amazon.
Capitaliser sur la marque Trump
Mais derrière ce smartphone et ce service mobile se profile surtout une enième tentative de la famille Trump de capitaliser sur le retour à la Maison-Blanche du patriarche. Une stratégie déjà observée avec le lancement de plusieurs initiatives commerciales ces dernières années, dont une cryptomonnaie.
Reste que, dans le cas du T1 Phone, le smartphone se fait toujours attendre. Difficile de savoir si, et quand, il sera effectivement commercialisé et s’il fera véritablement concurrence aux acteurs déjà établis. Car, même si Donald Trump et sa famille peuvent compter sur des partisans fidèles, encore faut-il parvenir à proposer un produit à la hauteur des promesses faites.