Le géant de l’e-commerce Amazon appuie sur l’accélérateur dans la course à l’intelligence artificielle. À l’occasion du CES de Las Vegas, le groupe américain a officialisé l’arrivée d’Alexa+ sur le web, marchant ainsi sur les plates-bandes d’OpenAI et de son incontournable ChatGPT. Mais derrière l’annonce, la réalité est nettement plus nuancée.
Jusqu’ici cantonnée aux appareils domotiques de la marque, l’assistante vocale dopée à l’IA générative Alexa+ devient désormais accessible via un simple navigateur. Une évolution logique, alors qu’OpenAI et Google proposent leur propre agent conversationnel, ChatGPT et Gemini, directement en ligne.
Cette ouverture devrait rassurer les investisseurs, quelque peu refroidis par le manque de visibilité d’Amazon sur le front de l’IA générative en 2025. Mais l’enthousiasme mérite d’être tempéré.
Un lancement encore très limité
Dans un premier temps, Alexa+ version web n’est disponible qu’aux États-Unis. Impossible de contourner la restriction à l’aide d’un VPN : les appareils utilisés doivent impérativement être configurés en langue anglaise, comme l’a relevé Numerama.
Autre frein majeur : l’accès reste réservé aux membres du programme « Alexa+ Early Access ». Autrement dit, la version 2.0 de l’assistant, annoncée en juin dernier, n’est toujours pas déployée à grande échelle. Pour espérer en profiter, il faut déjà posséder une enceinte Echo ou une clé HDMI Fire TV – un prérequis qui limite mécaniquement l’adoption.
Cerise sur le gâteau : Alexa+ sera payante. Si les testeurs actuels peuvent encore l’utiliser gratuitement, l’accès passera ensuite par un abonnement Amazon Prime, facturé 19,99 dollars par mois. Un tarif élevé pour une IA générative qui n’a pas encore fait ses preuves auprès du grand public, surtout face à des concurrents proposant des versions gratuites plus abouties.
Une stratégie difficile à lire
En l’état, le lancement manque clairement d’ambition. Amazon semble vouloir avancer prudemment, quitte à retarder une confrontation frontale avec ChatGPT ou Gemini. Une stratégie compréhensible pour éviter les faux pas, mais qui peine à convaincre dans un marché où la rapidité d’exécution est cruciale.
Sur le papier, Alexa+ coche pourtant toutes les cases : réponses contextuelles, aide à l’organisation de voyages, création de contenus, réservations en ligne… Mais sa véritable force réside ailleurs. L’assistant se distingue par son intégration poussée à la domotique et à l’écosystème Amazon : pilotage d’objets connectés, création de listes de courses, navigation dans le catalogue Prime Video.
Plus qu’un simple chatbot, Alexa+ s’impose comme une porte d’entrée vers la galaxie Amazon. Reste à savoir si cela suffira, à terme, à rivaliser avec les géants déjà bien installés de l’IA générative.