IA : 23% des entreprises en Belgique prêtes à licencier

Intelligence artificielle travailleur
Illustration © Getty Images
Christophe Charlot
Christophe Charlot Journaliste

L’intelligence artificielle (IA) gagne du terrain dans les entreprises belges. En un an, son adoption a bondi de 80 %. Une accélération qui s’accompagne d’une crainte naturelle sur l’emploi.

Selon Acerta Consult, un quart des entreprises belges de plus de dix travailleurs utilisent aujourd’hui au moins une application d’IA. La tendance est même plus marquée dans les grandes structures, où l’adoption a progressé de 18 points en un an.

Au niveau des secteurs, ce sont les services où l’IA est la plus utilisée aujourd’hui avec 27,4 % d’adoption. Mais l’IA s’étend aussi à l’industrie (+52 %) et même à la construction (+110 %). Les applications les plus courantes concernent l’analyse de textes (15,1 %), la génération automatique de contenu (12,7 %) et l’automatisation des tâches répétitives (10,3 %).

Si l’essor de l’IA promet d’améliorer l’efficacité des entreprises, la technologie devrait aussi fondamentalement transformer le marché du travail. Nombre de spécialistes défenseurs de l’IA soutiennent la thèse selon laquelle, les humains ne seront pas remplacés dans le monde du travail : l’IA qui ne pourra pas directement réaliser l’ensemble des (multi)tâches d’un humain permettrait de les rendre plus productifs. Voire moins stressés.

Réduction de personnel

Mais l’étude d’Acerta met à jour un phénomène moins positif:  23 % des entreprises belges interrogées (sur un panel de 500) prévoient une réduction de personnel en lien avec l’adoption des intelligences artificielles. Et 30 % d’entre elles estiment que de nouvelles compétences seront nécessaires. « L’IA ne remplace pas seulement des emplois, elle en crée aussi, mais avec des profils différents », explique Melina Krantz d’Acerta Consult. « Il est essentiel que les travailleurs comprennent cette technologie et ses enjeux. »

Si 90 % des entreprises autorisent l’IA, 70 % des travailleurs jugent les directives internes insuffisantes. Avec le nouveau règlement européen en vigueur, les employeurs doivent encadrer son usage pour éviter les dérives liées à la cybersécurité ou à la protection des données.

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