Laurence Bovy (SFPI) : “Nous n’avons pas reçu d’instruction pour préparer un dossier de vente d’une participation de l’Etat”

Laurence Bovy © BELGAIMAGE
Sébastien Buron
Sébastien Buron Journaliste Trends-Tendances

Interrogée ce matin par la presse, la présidente de la SFPI n’a pas esquivé la question. Lors de la présentation des résultats annuels du bras financier de l’État belge, elle a précisé qu’aucune instruction n’avait été reçue pour préparer une vente d’actifs, ni même qu’une recommandation en ce sens avait été formulée au gouvernement.

Certaines participations de l’Etat vont-elles être vendues au profit du budget de la défense ? La présidente de la Société fédérale de participations et d’investissement (la SFPI) n’a pas éludé la question ce matin lors d’une conférence de presse. “A ce stade, aujourd’hui, nous n’avons pas reçu d’instruction pour préparer un dossier de vente de l’une ou l’autre participation de l’Etat, pas plus d’ailleurs que nous ne lui avons fait une quelconque recommandation”, a indiqué Laurence Bovy lors de la présentation des résultats annuels du bras financier de l’Etat belge dans ses bureaux de l’avenue Louise, à Bruxelles.

Ancrage belge

Sachant que le fédéral cherche plusieurs milliards dès cette année pour financer ses investissements dans la défense, Laurence Bovy a toutefois assuré que si une telle demande émergeait, “une analyse serait menée et des propositions seraient formulées”. 

Mais, a-t-elle ajouté, faisant échos aux propos du ministre des Finances Jan Jambon qui considère qu’une éventuelle vente de certains « bijoux de famille » doit s’envisager pour des actifs non stratégiques, “quand on cherche à vendre un actif, il faut se poser la question de l’ancrage belge”. Dit autrement, il faut se poser la question de “l’intérêt stratégique pour la Belgique de rester dans le cœur du réacteur de certaines participations ou pas”, sachant aussi qu’un exit revient à se “priver de dividendes” qui ne pourront plus être investis dans l’économie belge, a insisté Laurence Bovy.

La moins stratégique : BNP Paribas

Mais qu’est-ce qui est dès lors stratégique, et qu’est ce qui ne l’est pas, alors qu’il est question de Belfius, de BNP Paribas, mais aussi d’Ethias, de Proximus ou de bpost. Là aussi, la réponse des dirigeants de la SFPI a été on ne peut plus claire. C’est la participation dans BNP Paribas qui est à la “moins stratégique”, a indiqué Koen Van Loo, CEO de la SFPI.

Certes, BNP Paribas dispose d’une grosse filiale en Belgique (BNP Paribas Fortis). C’est la première banque du pays et un gros employeur. C’est aussi, pour les caisses de l’Etat, le plus grand contributeur de dividendes.  L’an dernier, la banque française a fait remonter près de 291 millions d’euros vers la SFPI. Compte tenu de la hausse du cours depuis le début de l’année, la plus-value latente sur les 5,6 % que détient encore l’Etat belge dans la banque française est par ailleurs plus qu’appréciable. On parle de 1,2 milliards d’euros à fin mars. 

Française… et pas belge

Mais voilà : contrairement à Ageas, Belfius ou encore Ethias, la participation dans BNP Paribas est plus facilement vendable et n’est visiblement pas considérée comme aussi stratégique que les autres aux yeux de la SFPI. Pourquoi ? Parce que “BNP Paribas est une société française et pas belge”, a précisé Koen Van Loo avant de citer l’exemple d’Ethias, deuxième assureur du pays, qui est “un partenaire important pour l’Etat belge”, dans la mesure où il dégage lui aussi de jolis dividendes, mais investit également plusieurs milliards dans l’économie du pays, et notamment dans ses infrastructures critiques.

Bref, l’Etat dira-t-il adieu à BNP Paribas plutôt qu’à Ethias ? L’avenir le dira. En attendant, on notera côté résultats que le bras financier de l’Etat belge a clôturé l’année 2024 sur un bénéfice de 315 millions d’euros, contre plus de 500 millions lors des deux derniers exercices. Deux exercices qui avaient cependant été particulièrement bons en raison de la vente d’une partie des actions de l’Etat belge dans… BNP Paribas. 

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