Bart De Wever exprime son irritation aux Etats-Unis et doit revoir sa feuille de route budgétaire


La guerre commerciale déclenchée par Donald Trump est “une catastrophe” pour l’économie mondiale, souligne le Premier ministre. C’est aussi une catastrophe pour son projet Arizona. Il a passé ses nerfs sur le secrétaire d’Etat Marco Rubio.
Le Premier ministre Bart De Wever avait le ton irrité pour souligner sa désapprobation à l’égard de la guerre commerciale généralisée déclarée par le président américain, Donald Trump. “C’est stupide”, a-t-il laissé entendre. Puis, dramatique: “C’est une catastrophe pour l’économie mondiale”.
Le locataire du Seize a eu l’occasion de passer ses nerfs sur le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, qu’il a reçu ce vendredi à Bruxelles.
“J’ai aussi fait mon petit agenda avec les choses que je veux lui dire, avait-il prévenu. Une de ces choses est que l’administration Trump ne se construit vraiment pas une bonne image en Europe. La guerre commerciale, le peu de respect pour notre ordre interne et nos valeurs, le parcours de négociations sur l’Ukraine nous ont stupéfiés, et ce avec un mépris pour l’Union Européenne qui ne nous rend pas plus joyeux.”
Bart De Wever se dit “atlantiste”, mais énervé que les alliés soient “injuriés en permanence”.
Une copie à revoir
Le Premier ministre promet que la Belgique se met en ordre de marche pour relever ses investissements en matière de défense à 2% du PIB. Il précisera à Marco Rubio que l’attitude des Etats-Unis n’aide pas les Européens à faire ces efforts supplémentaires. Selon lui, il n’est pas tenable d’augmenter à court terme les dépenses de défense à 3% voire 3,5% du PIB, sans parler des 5% mentionnés par Marco Rubio.
La guerre commerciale est aussi une “catastrophe” pour l’Arizona fédérale. Alors qu’elle négocie précisément un budget 2025 compliqué en raison des efforts à réaliser en matière de défense, avec des trucs et astuces dont un fonds financé de diverses manière, la majorité doit désormais envisager une révision plus large de sa feuille de route.
David Clarinval, vice-Premier ministre MR, a déjà chiffré l’impact: la hausse massive des droits de douane annoncée par les États-Unis pourrait coûter de 5 à 6 milliards par an pour l’économie belge. Selon lui, tous les secteurs en Belgique seront impactés, avec des craintes plus spécifiques en ce qui concerne la chimie, l’alimentaire, le pharmaceutique, le métal et l’aluminium.
“De 0,2% à 0,3% du PIB”
“La Belgique, en tant que petite économie fortement tournée vers l’exportation (28 milliards d’exportations vers les États-Unis en 2023), sera particulièrement affectée par ces mesures que je trouve déplorables, a-t-il dit à la Chambre Les industries pourraient subir des pertes d’emplois en raison de la diminution des exportations vers les États-Unis. Un risque d’inflation pourra également être constaté au sein de l’économie.”
“Cela risque de nous coûter entre 0,2 et 0,3% du PIB, ce qui représentera des rentrées en moins pour le budget fédéral”, confirme Charlotte de Montpellier, économiste chez ING. La copie budgétaire, déjà épique, devra être revue.
Le bras de fer que se joue actuellement en coulisses entre les partenaires de la coalition fédérale risque encore de se tendre. Objectif? Atterrir en mai.
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