Christophe De Beukelaer: “Le blocage bruxellois est totalement irrationnel et nourrit le populisme” 

Olivier Mouton
Olivier Mouton Chef news

Christophe De Beukelaer, président des Engagés en Région bruxelloise, dit son irritation de la crise qui sévit depuis neuf mois. “Nous explorerons jusqu’au bout la piste d’un gouvernement bruxellois minoritaire, soutenu de l’extérieur”, avance-t-il dans notre Trends Talk. 

Christophe De Beukelaer, président des Engagés à Bruxelles, est l’invité de notre Trends Talk, qui passe en boucle ce week-end sur Canal Z.

Plus de neuf mois après les élections, la Région bruxelloise reste la dernière entité belge sans gouvernement. Celui qui fut informateur, récemment en compagnie d’Elke Van den Brandt (Groen), explique la nécessité de tout faire pour explorer la piste d’un gouvernement minoritaire. 

“Un blocage irrationnel” 

Avant tout, le président des Engagés s’irrite des exclusives et énumère les responsabilités de l’incapacité de former un gouvernement. “Il faut tout d’abord dire que nous sommes dans un blocage totalement irrationnel, souligne-t-il. La thèse du PS consistant à dire que l’on ne peut pas négocier avec la N-VA parce ce que c’est un parti raciste ou qui a certaines expressions racistes – les mots diffèrent -, est évidemment totalement irrationnelle. La N-VA est le premier parti de Flandre, c’est un parti démocratique et s’il y a des problèmes de racisme, il faut les dénoncer, la justice est là pour dire ce qui est égal ou pas. On doit pouvoir négocier avec elle.” 

Cela dit, l’attitude des libéraux flamands ne trouve pas davantage grâce à ses yeux. “La position de l’Open VLD affirmant que l’on ne peut gérer la Bruxelles qu’avec la N-VA parce que c’est le parti du Premier ministre est tout aussi irrationnelle. Nous sommes tout à fait capables de donner un avenir à cette Région sans la N-VA.” 

“Le pire, assène-t-il, c’est le blocage. Les citoyens jugent la politique sur base des résultats et les résultats, c’est zéro à Bruxelles depuis neuf mois! C’est très dangereux parce qu’au nom des grands principes qu’ils invoquent pour justifier leur posture politique, ces partis poussent les gens vers les extrêmes et le populisme.” 

“Nous battre jusqu’au bout” 

Après avoir “tout essayé” durant des mois, Christophe De Beukelaer se range à l’idée soumise par le président du MR, Georges-Louis Bouchez, de tenter la formation d’un gouvernement minoritaire. “La seule manière de réussir, c’est de revenir aux fondamentaux, souligne Christophe De Beukelaer. Il y a deux groupes linguistiques à Bruxelles, que chacun vienne avec sa coalition pour former ensemble un gouvernement. Les néerlandophones viendront probablement avec la N-VA. Du côté francophone, on demandera qui veut venir.” 

Le PS a déjà refusé, constate le chef de file des Engagés, Ecolo également et DéFi a envoyé des signaux plutôt négatifs. Alors? “Il faut commencer à négocier et trouver un accord sur le fond. Ceux qui ne viennent pas, nous espérons qu’ils auront la décence de soutenir de l’extérieur ce gouvernement qui sera minoritaire, pas parce qu’on l’aura souhaité, mais parce qu’ils auront refusé de venir parler. Je ne suis pas du tout sûr que cela va aboutir, mais nous allons nous battre jusqu’au bout. Je refuse de mettre à la poubelle cette autonomie pour laquelle les Bruxellois se sont battus.” 

Christophe De Beukelaerr ne souhaite pas une mise sous tutelle du fédéral, de toute façon impossible telle qu’elle, mais explique pourquoi un encadrement budgétaire serré serait possible, équivalent à une reprise en main du fédéral.  Ce qu’il veut éviter.

“Je me suis demandé…”

Que ressent-il après ces mois de dialogues de sourds? “A titre personnel, c’est décourageant, je me suis demandé si cela valait encore la peine de mettre toute cette énergie dans ce monde politique avec aussi peu de résultats. Si je mettais toute cette énergie dans une entreprise ou une association, j’arriverais peut-être à de meilleurs résultats. Puis, je me rappelle tout de même que le monde politique est un acteur clé dans l’organisation de notre société. Et je pense avoir un rôle à jouer, vu le soutien que je reçois.” 

Le chef de file des Engagés évoque aussi longuement son projet de “start up nation” ou sa foi dans les cryptomonnaies. Un Trends Talk à ne pas manquer. 

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