Pierre Wunsch : “Les plans du gouvernement n’assainiront pas le déficit”

La Belgique se dirige vers un déficit public de 6% du PIB en 2027 et les plans actuellement sur la table du gouvernement fédéral n’indiquent pas un retour au seuil de 3% exigé par la Commission européenne, a expliqué mardi le gouverneur de la Banque Nationale de Belgique (BNB) Pierre Wunsch. Devant la commission Finances et Budget, il a rappelé que la Belgique a l’un des déficits les plus importants d’Europe.
Le gouverneur a présenté aux députés mardi le rapport annuel de la BNB, diffusé fin février. Pierre Wunsch a indiqué que la Banque nationale prévoit une croissance belge stable mais modérée, dans un monde marqué par l’incertitude, notamment depuis l’élection de Donald Trump à la tête des États-Unis.
Il a aussi mis en avant la nécessité d’assainir le déficit budgétaire, qui pourrait dépasser les 6% du PIB en 2027, contre 4,6% en 2024. “Rien n’indique que ce qui est sur la table du gouvernement fédéral permettra de se diriger vers les 3%”, a ajouté le gouverneur.
L’Europe ne résoudra pas tout
Lors de son exposé, Pierre Wunsch a par ailleurs souligné le rôle que doivent jouer les autorités nationales dans certains domaines face à une Europe qui “n’est pas la solution à tout”, au contraire d’une opinion qui témoigne d’une “certaine paresse au niveau intellectuel” selon lui. “Lorsqu’on regarde le budget européen, on peut faire en sorte de trouver des solutions communes pour les domaines de la Défense ou du climat par exemple. Mais beaucoup d’enjeux comme les malades de longue durée ou la fiscalité ne figurent pas dans les compétences européennes, ils dépendent de la qualité des décisions qui sont prises dans les États membres.”
Un grand plan d’investissement au niveau européen reste utile, mais ne résout d’ailleurs pas tous les problèmes car davantage d’harmonisation crée aussi des tensions au niveau de la flexibilité, a-t-il poursuivi. “Nous devons vérifier à chaque fois si davantage d’Europe est une bonne solution, parce que cela entraîne moins de flexibilité et une distance par rapport à la population.”
Le gouverneur de la BNB a appelé à sortir de “l’eurosclérose 2.0”, qui fait aujourd’hui le même constat de manque de dynamisme économique qu’après le choc pétrolier. “On est sortis de cette eurosclérose à l’époque avec la fin des subsides européens dans des secteurs peu porteurs, et davantage d’autonomie en termes de concurrence”, a-t-il expliqué.
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