La R5 va-t-elle faire aimer la voiture électrique aux particuliers ?  (vidéo)

La nouvelle Renault R5 électrique. © Getty Images
Robert Van Apeldoorn
Robert Van Apeldoorn Journaliste Trends-Tendances

Avec la R5, livrée en Belgique depuis la fin 2024, Renault cherche à séduire les particuliers, souvent réticents à l’électrique, en misant sur la nostalgie et la personnalisation. Un pari audacieux.

Pas de doute, la nouvelle R5 fait tourner les têtes. Avec ce modèle, Renault joue la carte du rétro tout en intégrant des technologies modernes. Son design s’inspire directement de la Renault 5, une icône des années 70 et 80, réputée pour son allure sympathique et son format urbain.

L’objectif est clair : stimuler les ventes de voitures électriques, encore modestes chez Renault. En 2024, la marque a immatriculé 108 541 véhicules électriques sur un total de 1,577 million de voitures, soit moins de 7 % des ventes. Et ce, malgré l’élargissement de la gamme avec les Mégane et Scénic électriques.

Un succès grandissant auprès des particuliers

En Belgique, les voitures électriques restent majoritairement des véhicules de société, représentant neuf ventes sur dix. Les particuliers, quant à eux, sont freinés par les prix élevés, le manque d’infrastructures de recharge et l’absence de primes à l’achat.

Avec la R5, Renault espère changer la donne en créant un véritable coup de cœur. Les premiers résultats sont encourageants : selon Martin Domise, CEO de Renault Belgique-Luxembourg, environ la moitié des R5 vendues jusqu’en février ont été achetées par des particuliers.

Le succès dépasse les frontières belges. En février, la R5 s’est classée quatrième voiture la plus immatriculée en Europe. En France, l’accueil est encore plus enthousiaste : sur les trois premiers mois de 2025, elle est la voiture électrique la plus vendue.

Une stratégie inspirée de la Fiat 500

Luca De Meo, CEO du groupe Renault, applique une recette qui lui a déjà réussi lorsqu’il dirigeait Fiat. En 2007, il avait relancé la Fiat 500, un modèle emblématique, en misant sur une personnalisation poussée. L’objectif ? Vendre un véhicule au format d’une Fiat Panda à un prix plus élevé en capitalisant sur l’émotion et l’attachement au design. Ce fut un immense succès.

La même approche est reprise avec la R5, qui offre de nombreuses options de personnalisation : choix des couleurs, éléments décoratifs sur le toit et la carrosserie. Renault pousse même le concept plus loin avec un levier de vitesse personnalisable, dont l’étui s’inspire du design d’un rouge à lèvres de luxe.

Un prix encore élevé, mais une offre en expansion

Malgré ces atouts, le prix de la R5 reste conséquent. Le modèle offrant la meilleure autonomie (410 km) est affiché à 32 900 euros, alors qu’une Clio thermique, de taille équivalente, débute autour de 20 000 euros. Cependant, la R5 se positionne comme une alternative plus attrayante que la Renault Zoé, dont elle prend plus ou moins la relève. Cette dernière, vendue autour de 35 000 euros, proposait une autonomie légèrement inférieure et un moteur moins puissant (135 ch contre 150 ch pour la R5 grande autonomie, 395 km contre 410 km).

Par ailleurs, Alpine propose une déclinaison plus sportive de la R5, l’A290, dotée d’un moteur de 220 ch, au prix de 38 700 euros.

Renault prévoit également d’élargir son offre avec un modèle plus accessible dès l’an prochain : une nouvelle Twingo électrique, affichée à moins de 20 000 euros, qui jouera elle aussi sur un design rétro-techno.

Jean-Michel Herbint (vidéo) et Robert van Apeldoorn

R5 : tarifs et performances

  • À partir de 27 900 euros pour un modèle de 120 ch avec 312 km d’autonomie.
  • 32 900 euros pour 150 ch et 410 km d’autonomie.
  • Un modèle à 25 000 euros sera bientôt disponible (95 ch, 300 km d’autonomie).

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