Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

17/01/17 à 13:56 - Mise à jour à 13:56

'Fallait-il supprimer les commentaires sur les sites de Tendances et du Vif ?'

La décision est radicale, mais elle ne recueille que des échos positifs. Désormais, il n'est plus possible de commenter les articles publiés sur les sites des magazines Le Vif-L'Express ou Trends-Tendances.

'Fallait-il supprimer les commentaires sur les sites de Tendances et du Vif ?'

© iStock

La raison de cette décision est simple: des internautes profitaient de cet espace de liberté pour véhiculer des messages haineux, racistes ou homophobes. Ce choix de fermer le forum est radical, mais il n'est pas isolé. En Flandre, d'autres journaux sont arrivés à la même conclusion. Et à l'étranger, les agences Reuters, Bloomberg ou CNN ont fait de même.

Ce genre de décision ne se fait jamais de gaieté de coeur, car le but était de donner la parole aux internautes et d'interagir avec la rédaction. C'était par ailleurs une bonne idée pour augmenter le trafic sur les sites d'information, et donc une manière indirecte d'augmenter la publicité. Mais au fil du temps, cette fenêtre de liberté a suscité des dérives, avec toujours les mêmes internautes qui squattent à longueur de journée ces espaces de commentaires avec des propos obscènes, insultants et bien souvent racistes.

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Ce sont toujours les mêmes internautes qui squattent les espaces de commentaires avec des propos obscènes, insultants et bien souvent racistes

Bien entendu, la plupart des éditeurs ont essayé de canaliser ces commentaires. L'une des idées a été de demander aux internautes souhaitant publier un commentaire en dessous d'un article de ne plus utiliser de pseudonymes et de s'enregistrer avant de publier une réaction. Bref, en cassant l'anonymat, les éditeurs espéraient que les commentaires excessifs cesseraient... Mais cela n'a pas marché.

D'autres encore ont choisi de contrôler, soit avant publication, soit après publication les commentaires des internautes, l'idée étant de filtrer les propos haineux ou racistes. Mais le souci est que ce filtrage coûte cher en moyens humains et limite les interactions entre les internautes.

Les éditeurs de la presse quotidienne francophone en Belgique ont choisi d'investir dans un logiciel de modération. Mais bon, celui-ci doit encore faire ses preuves, et certains sont sceptiques quant à son efficacité.

Certains sites d'informations ont également joué la carte de la dénonciation, en laissant la possibilité aux internautes de dénoncer a posteriori les propos déplacés. Mais tout cela ne marche qu'en partie.

Et puis, les risques de procès ne sont pas à négliger. Récemment encore, la Cour de justice européenne des Droits de l'homme estimait qu'une plateforme d'information estonienne avait commis une faute en ne supprimant pas assez vite des commentaires contenant des insultes, des menaces de mort et des appels à la violence de la part de certains de ses utilisateurs.

Le débat ne fait donc que commencer: faut-il oui ou non supprimer les forums des lecteurs sur les sites web des journaux ?

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