Tests bancaires européens: résultats imminents dans un climat fébrile

15/07/11 à 12:32 - Mise à jour à 12:32

Source: Trends-Tendances

Les résultats des tests de résistance imposés à 91 banques européennes étaient attendus vendredi, après la fermeture des Bourses pour donner moins de prise aux marchés en pleine crise de la zone euro, avec une fébrilité accrue par les rumeurs d'échec d'une dizaine d'entre elles.

Tests bancaires européens: résultats imminents dans un climat fébrile

© Bloomberg

Les résultats des tests de résistance imposés à 91 banques européennes étaient attendus vendredi, après la fermeture des Bourses pour donner moins de prise aux marchés en pleine crise de la zone euro, avec une fébrilité accrue par les rumeurs d'échec d'une dizaine d'entre elles.

Chargée par les dirigeants européens de superviser cette opération destinée à rassurer sur la solidité des banques du continent, l'Autorité bancaire européenne (EBA) rendra son verdict à Londres à 16H00 GMT (18 heures en Belgique).

Celle-ci dira alors combien de banques seraient incapables de traverser une récession économique de deux ans. Chacune doit indiquer dans la foulée les mesures qu'elle compte prendre pour consolider son capital. Des établissements considérés comme tangents pourraient aussi faire des annonces. Les banques testées, dans 21 pays, représentent 65% des actifs bancaires européens.

Selon les pronostics des milieux financiers, entre dix et 15 banques devraient échouer, notamment en Espagne et en Allemagne. Les résultats en Grèce, en Italie, au Portugal et en Irlande - pays considérés comme les plus fragiles dans l'environnement actuel - seront également scrutés de très près. Le pays le plus représenté dans la liste passée au crible est de loin l'Espagne avec 25 établissements, devant l'Allemagne (13) et la Grèce (6).

Conscients que le verdict de l'EBA pourrait jeter de l'huile sur le feu dans le contexte explosif de la crise de la dette, les ministres européens des Finances se sont publiquement engagés cette semaine à soutenir les banques qui échoueraient. Mais cela implique que des Etats déjà au bord de l'asphyxie budgétaire devraient trouver de nouveaux fonds publics.

Un an après de précédents "stress tests" raillés pour ne pas avoir détecté le naufrage imminent des banques irlandaises, l'Union européenne sait que sa crédibilité est en jeu et l'EBA a promis que l'examen avait été cette fois-ci beaucoup plus "sévère".

Pour réussir, les banques doivent pouvoir justifier d'un ratio de fonds propres "durs" - le capital le plus sûr et facilement disponible - supérieur à 5% dans toutes les situations envisagées.

Résultats d'ores et déjà contestés
Mais les résultats ont été contestés avant même leur publication.
La banque régionale allemande Helaba a annoncé dès mercredi qu'elle avait raté l'examen, tout en faisant part de son "incompréhension" sur la manière d'évaluer ses fonds propres.

Jeudi, deux entités espagnoles ont assuré avoir passé les tests avec succès... mais en s'affranchissant de certains critères de l'EBA qu'elles contestent également.

A l'occasion de ces tests, les banques ont dû détailler, pour la première fois, leur exposition au risque dit "souverain", c'est-à-dire les montants de dette publique de pays en difficulté qu'elles ont accumulés. Une information d'importance majeure pour les investisseurs.

Le défaut de la Grèce pas pris en compte Un défaut de paiement de la Grèce n'a toutefois pas été formellement pris en compte par l'EBA, ce que certains experts ont vivement déploré.

A la veille des résultats, le ministre grec des Finances Evangélos Vénizélos a tenu à affirmer que "le système bancaire grec n'a absolument aucun problème".

Pour ces tests, l'EBA a élaboré deux scénarios: l'un dit de base, reprenant les principales prévisions macroéconomiques en vigueur; et l'autre dit "adverse", retenant des hypothèses théoriques de choc économique en 2011 et 2012.

Le scénario de crise prévoit par exemple une baisse de 0,5% cette année du Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro, une chute de 15% des Bourses européennes et un plongeon des marchés immobiliers.

En 2010, 91 banques européennes, pour la plupart les mêmes que cette année, avaient subi les tests et seulement sept avaient échoué: cinq espagnoles, une allemande et une grecque.

LExpansion.com

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