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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

28/06/16 à 15:29 - Mise à jour à 15:28

'Il faut vraiment se méfier des jeunes ministres ou Premiers ministres'

Plus le temps passe, plus les Britanniques se rendent compte qu'ils ont joué aux dés avec l'avenir de leur pays...

'Il faut vraiment se méfier des jeunes ministres ou Premiers ministres'

© Reuters

Avant ce fameux référendum du 23 juin, la grande peur, c'était de voir l'Europe être séparée de la Grande-Bretagne et vice versa. Aujourd'hui, ce qui fait le plus peur, c'est de voir la Grande-Bretagne imploser. Et c'est loin d'être un scénario fictif. Nos voisins d'outre-Manche sont divisés entre jeunes et plus âgés, entre nord et sud, entre classes moyennes de plus en plus pauvres et citoyens cosmopolites de Londres.

Prenons le cas des jeunes Britanniques. La plupart d'entre eux ont voté, quand ils ont voté, en faveur du maintien au sein de l'Union européenne. Ils estiment injuste que les vieux, comme ils disent, parlent pour eux. Et sans vouloir ne froisser personne, ils rappellent qu'ils vivront plus longtemps que leurs aînés, ils se sentent donc dépossédés de leur avenir ! Bref, le fossé des générations entre les jeunes pour le IN et les plus âgés pour le OUT est en train de s'élargir.

Même chose sur le plan géographique. L'Écosse, l'Irlande du Nord et Londres voulaient rester dans l'UE, contrairement à des régions comme le pays de Galles et le nord du pays qui, elles, ont voté massivement pour le Brexit. Bref, le Royaume-Uni n'a plus rien d'uni.

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Le pire, c'est que les gagnants du Brexit n'ont aucune idée de ce qu'ils vont faire de leur victoire

Mais ce n'est pas tout. Il y a aussi une fracture sociale au sein même du pays de David Cameron. D'un côté, vous avez une ville cosmopolite comme Londres, qui élit un maire de confession musulmane, une ville dont plus de 30% de la population n'est pas née à Londres, et qui se sent bien avec l'Europe, car elle en profite, notamment via la City qui est le centre financier du monde. Et puis, vous avez de l'autre côté, des personnes de la classe moyenne, qui est de plus en plus moyenne et qui a peur de l'avenir, de l'immigration d'Europe centrale, notamment polonaise, et qui a voté en faveur du Brexit. Un vote moins par haine de l'Europe que par volonté de retrouver le pays d'antan, une époque idéalisée et qui, évidemment, n'existe plus depuis belle lurette !

Le moins que l'on puisse dire est que cette implosion, personne ne l'a vue venir. Le pire, c'est que les gagnants du Brexit n'ont aucune idée de ce qu'ils vont faire de leur victoire. Et c'est normal, les gagnants du Brexit sont un amalgame de partis d'extrême droite, de petits partis nationalistes et de franges de grands partis. Comment gouverner avec un tel attelage hétéroclite ?

Pour ma part, j'en tire au moins une conclusion assez iconoclaste: il faut se méfier des ministres ou Premiers ministres jeunes. C'est le cas de David Cameron qui pour sauver électoralement sa peau a proposé de jouer aux dés l'avenir de son pays. Ce fut aussi le cas en Belgique, avec Alexandre De Croo qui pour des raisons électorales a empêché la Belgique d'avoir un gouvernement pendant plus de 500 jours ! Et comme le dit si bien l'adage populaire: si jeunesse savait, et si vieillesse pouvait...

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