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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

18/09/14 à 10:59 - Mise à jour à 10:59

Il faudra bien, un jour, accepter de ne pas payer la dette publique de la zone euro

Il y a des livres d'économie qu'il faut absolument ne pas rater. C'est le cas du dernier livre rédigé par Marc Lambrechts, rédacteur en chef adjoint du journal L'Echo qui a recueilli les propos de deux économistes belges, Paul Jorion et Bruno Colmant.

Il faudra bien, un jour, accepter de ne pas payer la dette publique de la zone euro

Paul Jorion et Bruno Colmant © Debby Termonia

Les deux économistes belges se penchent sur la manière dont on pourrait penser l'économie autrement. C'est vrai que l'opus est plein d'idées intéressantes, d'autres diraient utopiques, qui ont le mérite de nous faire réfléchir.

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Il faudra bien, un jour, accepter de ne pas payer la dette publique de la zone euro

Quand on lit ce livre, on comprend assez rapidement que la dette publique en zone euro est un tel fardeau qu'il faudra bien un jour accepter de ne pas la payer ou en partie seulement. Tant Paul Jorion que Bruno Colmant nous avertissent que si ce défaut de paiement a lieu, c'est clair qu'il aura lieu au cours d'un weekend quand les marchés financiers sont fermés ! Ce n'est pas tellement saugrenu, souvenez-vous que c'est ce qui est arrivé à Chypre, il n'y pas si longtemps !

Autre idée intéressante : taxer les robots qui prennent nos emplois. Pour le moment, ce qui se passe, c'est que dans l'industrie et le secteur des services, les emplois disparaissent et sont remplacés par des machines et des logiciels. Jusqu'à présent, beaucoup de politiques pensaient que le secteur des services allait mieux se débrouiller face à cette lame de fond,mais pour Paul Jorion, c'est faux.

En effet, si un travail intellectuel est bien rémunéré, il existe une incitation financière à le remplacer par un logiciel pour réduire ce coût. En fait, c'est paradoxal, mais plus ce que nous faisons, nous apparaît comme complexe et pas donné à tout le monde, et plus en réalité, il est susceptible d'être remplacé par un logiciel ultra performant. Donc oui, même les professions les plus intellectuelles ne sont pas à l'abri d'un logiciel ou d'un algorithme.

Venons-en à la suite de l'idée : jusqu'à présent, les machines et les logiciels qui remplacent des êtres humains font gagner de la productivité à l'entreprise, mais ces gains de productivité vont directement dans la poche des propriétaires, çàd des actionnaires. Tout cet argent économisé par ces robots et ces logiciels va donc uniquement dans la poche de quelques privilégiés. La solution pourrait se trouver dans une idée de l'économiste suisse Sismondi qui date déjà du 19e siècle. A l'époque, il avait suggéré que tout individu remplacé par une machine devait recevoir à vie une rente perçue sur la richesse que cette machine allait créer à la place de celui qu'elle remplaçait. C'est un peu révolutionnaire comme idée, mais après tout, c'est aussi le rôle et le titre de ce livre que je vous recommande chaudement : penser l'économie autrement.

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