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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

07/07/15 à 12:28 - Mise à jour à 08/07/15 à 15:17

Grèce: 'Si des adultes pensent que l'argent gratuit existe, c'est leur problème'

Nous voilà deux jours après le référendum grec et rien n'est réglé ! Mais qui pouvait penser le contraire ? Grexit or not, du politique à l'analyste, le sujet divise.

Grèce: 'Si des adultes pensent que l'argent gratuit existe, c'est leur problème'

Un homme marche dans les rues d'Athènes. © Reuters

François Hollande et Angela Merkel, le couple moteur de la zone euro, se sont réunis lundi soir et ont estimé - fort logiquement - que la balle est dans le camp grec pour reprendre les négociations. Bref, ils sont à l'écoute, une écoute polie, mais guère plus. Et à condition que le gouvernement grec vienne avec de nouvelles propositions "précises et sérieuses" ce mardi, lors du sommet de la zone euro. Sans quoi une sortie de l'euro, un Grexit comme on dit, sera inéluctable.

Les plus sceptiques diront que Grecs se sont défoulés dimanche soir, mais que ce mardi, c'est le retour à la réalité. Car la victoire du "non", si elle porteuse de sens politique, n'a en revanche réglé aucun des problèmes auxquels la Grèce est confrontée. Pire, la victoire éclatante du "non" n'a pas calmé l'attitude des principaux créanciers. À en croire les personnes bien informées, ce "non" semble même les conforter dans leur fermeté envers la Grèce. Disons-le simplement: les pays qui ont les positions les plus dures à l'égard du gouvernement grec sont également les pays qui devraient passer devant leur Parlement pour soutenir financièrement la Grèce. Et aucun de ces pays n'a envie de se mettre à dos sa population en demandant de nouveaux milliards pour alléger la dette publique grecque.

Aujourd'hui, soyons sincères, si l'on excepte la France, l'Italie, le Luxembourg et la Belgique, et encore du bout des lèvres, il faut bien reconnaître que tous les autres pays de la zone euro sont plus ou moins tentés par une ligne dure face à la Grèce. Quant aux hauts fonctionnaires européens, pour l'instant, ils sont atterrés et mobilisent déjà leurs services juridiques pour organiser la sortie la plus ordonnée possible de la Grèce de la zone euro.

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'C'est le droit le plus strict des peuples de choisir d'être mal gérés... La Grèce a fait ce choix depuis des décennies'

Mais quelle sera alors la conséquence d'une sortie de la Grèce, si tant est que ce soit possible, car ne l'oublions pas, les Grecs ont voté "non" à l'austérité, mais pas à l'euro. Or, dans l'état actuel des traités, il n'y a que les Grecs qui peuvent décider de quitter l'euro. Mais c'est vrai que si la Banque centrale européenne leur coupe les vivres, la question ne se posera plus: la Grèce sera en faillite et de facto hors de l'euro.

Mais comme l'a indiqué Guntram B. Wolff, le Directeur du think tank Bruegel, "une sortie de la Grèce serait une gigantesque défaite collective pour la zone euro. Nous perdrions énormément en standing international, plus que nous ne pouvons l'imaginer".

D'autres analystes financiers, comme Simone Wapler, ne partagent pas du tout ce point de vue. Pour elle, je la cite, "c'est le droit le plus strict des peuples de choisir d'être mal gérés... et la Grèce a fait ce choix depuis des décennies. Si des adultes pensent que l'argent gratuit existe, que les riches paieront et que demain on rase gratis, c'est leur problème". Difficile d'être plus clair.

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