Grèce: "Ce n'est pas un retour aux anciens programmes d'austérité"

23/06/15 à 15:29 - Mise à jour à 15:29

Le ministre grec en charge de la Réforme administrative, Georges Katrougalos, estime que les mesures proposées par la Grèce à ses créanciers, lundi, constituent "un compromis dur, mais viable", dans une interview accordée à La Tribune.fr.

Grèce: "Ce n'est pas un retour aux anciens programmes d'austérité"

Une statue du philosophe grec Socrate. © Reuters

Après des semaines de blocages qui laissaient présager le pire, les dernières propositions d'Alexis Tsipras semblent avoir trouvé grâce aux yeux des créanciers de la Grèce - UE, BCE et FMI. "Notre proposition a été acceptée comme base de discussion par les institutions (créancières, NDLR). Les négociations continueront les deux prochains jours", a en effet expliqué le Premier ministre grec lundi soir.

De là à voir dans cette avancée un renoncement de la part d'Alexis Tsipras aux valeurs de son parti de gauche radicale Syriza, il y a un pas que Georges Katrougalos, ministre grec en charge notamment de la Réforme administrative, se refuse à franchir. "Ce sont des mesures dures, mais ce n'est pas un retour aux anciens programmes d'austérité", explique-t-il sur le site de La Tribune ce mardi. "Les mémorandums cherchaient à transformer la société grecque par la dérégulation et la mise en place d'un agenda néolibéral en réduisant les droits sociaux. Nous, nous entendons maintenir ces droits."

M. Katrougalos explique encore que si le gouvernement d'Alexis Tsipras a accepté des mesures fiscales contraires à sa logique, c'est uniquement par nécessité. "Cette année, nous voulons financer les dépenses de l'Etat par nos revenus propres, et c'est pourquoi nous avons recours à une taxation qui n'est pas socialement juste, notamment parce que nous n'avons pas eu le temps de modifier notre système fiscal. L'an prochain, nous prendrons des mesures plus justes."

Enfin, Georges Katrougalos, qui se dit convaincu qu'un tel compromis n'aura aucune difficulté à passer au parlement grec, explique que le fait d'accepter de telles mesures permettra enfin au gouvernement d'appliquer son programme dans d'autres domaines. "Avec ces mesures, nous gagnons du temps pour appliquer notre programme", conclut-il.

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