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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

16/01/17 à 13:58 - Mise à jour à 13:58

Faut-il vraiment croire toutes ces promesses de créations d'emplois aux USA ?

Le 20 janvier prochain, Donald Trump deviendra officiellement le 45e président des États-Unis et occupera la Maison-Blanche. Le milliardaire New Yorkais succédera ainsi au premier président noir de l'histoire des USA. Cette passation de pouvoir en soi, entre deux hommes aux styles si différents, en dit long sur l'héritage de Barack Obama...

Faut-il vraiment croire toutes ces promesses de créations d'emplois aux USA ?

Donald Trump © Reuters

Sur le plan positif, Obama peut se targuer de laisser une économie en bon ordre de marche avec un taux de chômage assez bas, de l'ordre de 6%, ce qui n'est pas si mal puisqu'il avait hérité de la crise financière de 2008. Obama peut aussi se vanter d'avoir contribué à sauver l'industrie automobile américaine. Il peut également mettre à son actif d'avoir réussi à réformer l'assurance santé et d'avoir permis à des millions d'Américains d'enfin disposer d'une assurance soins de santé. Quant à la géopolitique, Obama peut faire valoir le fait d'avoir dégelé les relations diplomatiques avec Cuba et l'Iran.

Mais dans le même temps, certains observateurs pensent que si Barack Obama avait moins chouchouté Wall Street et s'il s'était plus occupé de l'homme de la rue, le discours sur la montée des inégalités de Donald Trump aurait eu moins de succès... En fait, personne n'en sait rien, comme toujours avec ce genre de question. Mais le simple fait de voir Trump lui succéder est déjà en soi un échec.

Il ne faut pas se voiler la face, aux États-Unis, pas mal de gens ont voté pour Trump et croient dur comme fer en son programme. Les hommes d'affaires et la Bourse jouent carrément le "bon" Trump et négligent le "mauvais" Trump, l'auteur des déclarations à l'emporte-pièce ! La preuve que Trump est bon pour l'économie, c'est que, disent-ils, au cours des dernières semaines, un certain nombre d'entreprises ont annoncé qu'elles allaient cesser de délocaliser ou bien qu'elles allaient créer de l'emploi sur le sol américain, sous la pression de Trump d'ailleurs qui n'hésite pas à dénoncer les délocalisations via les réseaux sociaux et ses célèbres tweets.

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Ces déclarations d'entreprises qui vont créer de l'emploi aux USA par patriotisme, c'est du pipeau !

Mais qu'en est-il vraiment ? J'ai un ami homme d'affaires qui dit qu'il faut lui laisser le bénéfice du doute, car il n'a pas encore commencé son job de président. Sans doute a-t-il raison, mais des analystes financiers ont déjà démontré que toutes ces déclarations d'entreprises qui vont créer de l'emploi aux USA par sursaut de patriotisme, c'est du pipeau.

Je n'en donnerai que deux exemples. IBM a annoncé qu'elle allait engager 25.000 personnes sur quatre ans. Mais les médias ont oublié de dire que cette société perdait par départs naturels entre 8.000 et 9.000 personnes par an, soit plus que les personnes à engager sur la même période...

Quant à Amazon, son patron a déclaré qu'il allait engager 100.000 personnes en dix-huit mois. Allons donc, qui peut le croire vraiment ? Amazon a mis vingt ans pour créer 180.000 jobs, et là, elle voudrait nous faire croire qu'elle va créer 100.000 emplois en un an et demi ? Non, ce que veut le patron d'Amazon, c'est montrer patte blanche au nouveau locataire de la Maison-Blanche, pour qu'il ne mette pas de bâton dans les roues de son business.

Mon ami homme d'affaires a raison. Tant que Donald Trump n'est pas à la Maison-Blanche, laissons-lui le bénéfice du doute. Et faisons comme si tout ce que je venais de vous expliquer n'existait pas...

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