"Cessons d'utiliser la facture d'énergie comme une feuille d'impôt !"

23/10/15 à 11:56 - Mise à jour à 12:06

Source: Trends-Tendances

Le prix de l'énergie en Belgique continue d'électriser les débats. Le retour de la TVA à 21% fait tiquer Test-Achats, qui exige de voir "sortir de la facture d'énergie les taxes et autres coûts" qui sont "autant d'impôts déguisés". En réponse, la ministre de l'Energie estime que l'énergie est nécessaire au quotidien "mais pas un produit de toute première nécessité"...

"Cessons d'utiliser la facture d'énergie comme une feuille d'impôt !"

© Thinkstock

Les esprits s'échaufferont-ils toujours autour des prix de l'électricité ? On sait déjà que les tarifs énergétiques (gaz + électricité) ont flambé depuis la libéralisation, censée pourtant les faire maigrir. On sait aussi que ces mêmes tarifs ont augmenté de façon plus importante en Belgique dans les pays voisins. Le retour de la TVA sur l'électricité à 21%, décidé par le gouvernement Michel, serait-il l'étincelle qui fera exploser le consommateur ?

Le ministre des Finances a beau arguer que "le gouvernement agit ainsi sur la base des recommandations de l'OCDE et du FMI", et que "les recettes permettront de faire baisser d'autres taxes de sorte que le pouvoir d'achat des gens n'en sera pas affecté", certains n'y croient pas un instant. Parmi eux, le Parti du travail nie l'absence de conséquence, sur le pouvoir d'achat des Belges, d'une TVA à 21% sur l'électricité. Selon le PTB, cette augmentation représenterait une perte supplémentaire de 120 euros pour une famille avec deux enfants.

Test-Achats enfonce le clou vendredi et exige, dans un communiqué, "que l'on cesse d'utiliser la facture d'énergie comme une feuille d'impôt". L'organisation de consommateurs a ainsi remis une pétition contre la hausse de la TVA, qui a récolté 118.000 signatures, à Marie-Christine Marghem, ministre de l'Energie.

Sortir de la facture d'énergie tous ces "impôts déguisés"

A l'occasion de la remise de la pétition à la ministre de l'Energie, Test-Achats rappelle :

- son opposition à la hausse de la TVA à 21% "qui alourdit une facture déjà très taxée" ;

- sa proposition de TVA réduite à 6% "modulée pour une première tranche de consommation (1.500 kWh, par exemple) et sur les redevances fixes" ;

- l'engagement plus général, dans la déclaration gouvernementale, "de ne pas entamer le pouvoir d'achat au travers de la facture d'énergie" ;

- et son exigence de voir "sortir de la facture d'énergie les taxes et autres coûts, autant d'impôts déguisés pour financer les intercommunales ou l'investissement dans l'énergie renouvelable".

Concernant les coûts de transport et de distribution, Test-Achats affirme avoir calculé que, "dans certaines zones de distribution, ils ont augmenté jusqu'à 110%". La progression serait par ailleurs de 70% en moyenne en Flandre, de 60% en Wallonie et de 30% à Bruxelles. Test-Achats demande en la matière plus de transparence et de cohérence en faveur du consommateur.

Pour la ministre, l'énergie est nécessaire au quotidien "mais pas un produit de toute première nécessité"

Interrogée par l'agence Belga, la ministre de l'Energie a rappelé que la baisse de la TVA sur l'électricité était une mesure provisoire prise par le précédent gouvernement et dont l'impact devait être réévalué. Marie-Christine Marghem se dit toutefois prête à discuter avec les Régions d'une diminution globale de l'électricité. La ministre fédérale a par ailleurs épinglé "le dérapage concernant les panneaux photovoltaïque" en Wallonie et en Flandre, qui a conduit à une hausse du prix de la facture globale de l'électricité alors que la composante "électricité" pèse de moins en moins.

L'association de défense des consommateurs réclame une TVA réduite sur une tranche incompressible de consommation d'électricité, qu'elle considère comme un produit de base ? La ministre estime pour sa part que, si l'énergie est nécessaire au quotidien, elle n'est toutefois pas un produit de toute première nécessité : "La meilleure énergie est celle qu'on ne consomme pas", tant pour ce qui touche au portefeuille qu'à l'environnement, a-t-elle conclu.

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