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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

05/07/16 à 11:10 - Mise à jour à 13:45

Brexit: retour sur un scénario chaotique qu'aucun expert n'avait prévu

Le vote en faveur du Brexit a surpris la plupart des experts. Mais aujourd'hui, plus d'une semaine après ce vote historique, chaque citoyen peut se rendre compte que la suite est tout aussi étonnante. Ce scénario chaotique, aucun expert ne l'avait prévu.

Brexit: retour sur un scénario chaotique qu'aucun expert n'avait prévu

© REUTERS

Reprenons calmement les faits : la première réaction au Brexit, c'est-à-dire à la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne a été la panique sur les marchés boursiers. Les indices boursiers ont dégringolé, car c'était le signe premièrement d'un éclatement de l'Union européenne et ensuite, de la zone euro.

Quelques jours après cette panique, changement de direction à 180 ° des marchés boursiers : non, finalement, le Brexit n'aura sans doute pas lieu, car il serait trop compliqué à mettre en oeuvre, et trop coûteux. C'était dans les grandes lignes la thèse des marchés financiers qui se sont pris à rêver d'un deuxième vote ou d'un habillage juridique pour empêcher ce Brexit.

Les indices ont donc repris des couleurs et ils ont même effacé leurs pertes des jours précédents. Vous suivez toujours ? Tant mieux, car ce n'est pas fini ! Courant de ce weekend, de la bouche même de Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, on a appris, qu'après tout, les Britanniques n'avaient qu'à quitter l'Union européenne. "On se portera mieux sans eux", elle ne l'a pas dit aussi brutalement, mais c'était son message subliminal.

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En fait, si la livre sterling n'avait pas piqué du nez, nous pourrions presque nous demander si le Brexit a bien eu lieu le 24 juin dernier.

Bref, le Brexit permettra aux autres pays européens de ne plus être bloqués par les Britanniques dans leurs projets et d'avancer enfin. Wouuaah ! On est passé en quelques jours, du sentiment de fin du monde, à un sentiment de type "circulez, il n'y a rien à voir"... ou plutôt, il n'y a que des bonnes choses à voir ! Vous pouvez appeler cela de l'autohypnose.

Il y a même de beaux esprits comme Manuel Valls, le Premier ministre français qui s'est pris à rêver qu'une partie de la finance internationale établie à Londres va plier armes et bagages pour venir s'installer à Paris. Erreur de myopie regrettable. D'ailleurs, le New York Times lui a vite démontré par A + B que c'était une pure chimère et que Manuel Valls prenait ses rêves pour la réalité !

Comme si cela ne suffisait pas, on a appris en moins d'une semaine que Boris Johnson n'était qu'une baudruche qui s'est vite dégonflée, et que le ministre de la justice, supposé être le meilleur ami de David Cameron, l'a aussi vite trahi qu'il a trahi son autre ami Boris Johnson.

Quant à la Bourse, les commentateurs avisés ont raison de rappeler qu'elle est passée sous contrôle des banques centrales depuis quelques jours. Nous savions déjà que nos taux d'intérêt n'étaient pas le fruit de l'offre et de la demande, mais étaient administrés par des fonctionnaires basés à Francfort. Nous savons maintenant depuis le Brexit, si pas avant, que la Bourse est en réalité - elle aussi - administrée par les banques centrales à coup de tonnes de liquidités pour l'empêcher de sombrer.

En fait, s'il n'y avait pas la livre sterling qui avait piqué du nez, nous pourrions presque nous demander si le vote pour le Brexit a bien eu lieu le 24 juin dernier. Il ne reste plus qu'à aller à Londres pour profiter des soldes, histoire de bien vérifier qu'on a pas rêvé !

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